Apple vient de siffler la fin de la récréation sur son casque à 3 699 dollars. Selon les informations de Bloomberg relayées le 21 août 2026, le groupe a supprimé plus de 200 postes répartis entre les équipes travaillant sur Vision Pro, Siri et l’ingénierie logicielle. Parmi les victimes de ce dégraissage : l’équipe entièrement dédiée aux jeux vidéo sur le casque, littéralement rayée de l’organigramme.
Le chiffre a d’abord semblé sous-estimé. Les premières rumeurs parlaient d’une soixantaine de départs. Ce matin-là, on apprenait qu’Apple allait se séparer d’au moins 60 personnes dans l’équipe dédiée au Vision Pro, mais le journaliste de Bloomberg a rehaussé la barre. Au final, le compte est nettement plus salé : environ 100 des suppressions de postes proviennent du groupe Vision Pro, et autant du côté de Siri.
L’équipe la plus durement touchée reste sans appel celle du jeu vidéo. L’équipe dédiée au jeu vidéo sur Apple Vision Pro devrait quasiment disparaître de l’organigramme, Apple démantelant l’essentiel de l’équipe qui s’occupait jusqu’ici de cet usage. Pas de mise à pied progressive, pas de plan de transition étalé sur des mois. Une division entière, effacée.
À retenir
- Pourquoi Apple a-t-elle décidé d’éliminer entièrement sa division gaming du Vision Pro ?
- 200 suppressions de postes annoncées : qu’est-ce que cela révèle sur l’avenir réel du casque ?
- Un nouveau Vision Pro attendu en 2028 : Apple prépare-t-elle discrètement une stratégie de sortie de secours ?
Un casque trop cher pour trop peu de joueurs
Difficile de s’étonner du choix, si l’on regarde les chiffres froidement. La fermeture de la division gaming du Vision Pro fait sens financièrement une fois qu’on regarde les chiffres : à 3 699 dollars, le casque coûte environ douze fois plus cher que les lunettes connectées de Meta, vendues 299 dollars et qui ont déjà une vraie traction auprès du grand public. Produire des jeux exclusifs pour une base installée aussi restreinte revenait à couler de l’argent dans un puits sans fond.
Le contenu vidéo immersif n’est pas épargné non plus, même s’il survit. Apple ferme entièrement sa division jeux vidéo pour le Vision Pro et se retire de la production de vidéo immersive, une catégorie où chaque titre coûte des millions à produire pour un casque à la base installée minuscule. Sur ce point, les équipes touchées ont reçu une explication assez directe : les changements reflètent la façon dont les utilisateurs se servent réellement de l’appareil, les ressources étant redirigées vers d’autres produits d’avenir. Traduction : les gens n’achètent pas un casque à plus de 3 500 euros pour jouer à des jeux vidéo dessus. Une évidence que l’on aurait pu anticiper avant même le lancement, mais qu’il aura fallu deux ans de commercialisation pour officiellement acter.
Apple a évidemment soigné sa communication. Dans un communiqué transmis à Bloomberg, l’entreprise affirme vouloir « évoluer notre activité pour offrir les meilleures expériences à nos utilisateurs », tout en précisant que « si nous créerons de nouveaux postes dans le cadre de ce changement, celui-ci aura également un impact sur un nombre limité de postes existants. Nous sommes reconnaissants à ces membres de l’équipe pour leurs contributions et nous nous engageons à les accompagner tout au long de leur transition ». Une formulation qui sonne comme un exercice obligé, mais qui laisse au moins une porte ouverte : les salariés licenciés peuvent postuler ailleurs en interne.
Siri paie aussi le prix de son retard
La deuxième moitié de la purge concerne un dossier tout aussi sensible : Siri. Apple a également supprimé une centaine de postes dans ses équipes Siri et logicielles, une réorganisation liée au lancement de Siri AI. Le problème n’est pas conjoncturel, il est structurel. La nouvelle plateforme Siri AI repose sur une architecture technique entièrement revue, ce qui change les compétences nécessaires au sein de l’équipe. une partie des ingénieurs en poste ne correspond plus au profil recherché pour la version modernisée de l’assistant vocal, celle qui doit enfin rattraper son retard face à ses concurrents.
L’équipe Intelligent Systems Experience, chargée d’intégrer l’intelligence artificielle dans les appareils Apple au quotidien, n’échappe pas non plus à la restructuration. Le message envoyé aux salariés est cohérent avec celui délivré côté Vision Pro : on ne ferme pas un chantier, on le réoriente vers des compétences jugées plus stratégiques pour la suite.
Vision Pro n’est pas mort, mais il attend son heure
Faut-il pour autant enterrer le casque ? Apple s’en défend fermement. L’entreprise a indiqué à ses employés que le Vision Pro et son système d’exploitation visionOS ne disparaissaient pas. Mieux : un nouveau modèle de Vision Pro resterait envisagé, avec une sortie possible dès la fin 2028. Trois ans d’attente entre deux générations, ce qui en dit long sur la priorité réelle accordée au produit dans les couloirs de Cupertino.
Car pendant ce temps, l’énergie se concentre ailleurs. À court terme, Apple se focalise sur le lancement de lunettes connectées qui ne prendront en charge ni la vidéo immersive ni les jeux vidéo avancés, un produit attendu autour de 2027 et pensé comme la véritable réponse aux lunettes intelligentes de Meta. Signe supplémentaire de ce virage stratégique : le vice-président en charge du Vision Pro a récemment quitté Apple pour rejoindre OpenAI, et l’entreprise aurait déjà déplacé des équipes du Vision Pro vers ses lunettes de réalité augmentée en préparation.
Reste une question que peu de monde ose poser tout haut : et si le Vision Pro n’était, finalement, que le brouillon coûteux d’un produit qu’Apple s’apprête à lancer sous une autre forme, plus légère et beaucoup moins chère ? Le précédent du Newton, cet assistant numérique lancé trop tôt dans les années 1990 avant que ses idées ne ressurgissent des années plus tard dans l’iPhone, plane clairement au-dessus de ce dossier.
Sources : generationiphone.fr | stephanelarue.com


