Apple s’apprête à faire une croix sur Face ID pour son tout premier smartphone pliable. Selon les informations les plus solides qui circulent à quelques jours de la présentation, l’iPhone Fold abandonnera la reconnaissance faciale au profit de Touch ID, la technologie d’empreintes digitales que la marque avait pourtant enterrée depuis 2017. Un choix qui n’a rien d’un caprice esthétique : c’est une question de millimètres.
La keynote est calée. L’iPhone pliable sera introduit aux côtés de l’iPhone 18 Pro et de l’iPhone 18 Pro Max lors de l’événement Apple du mercredi 9 septembre. Un rendez-vous que les rumeurs de retard n’ont pas réussi à décaler, malgré des sueurs froides en interne. Le pliable d’Apple aurait rencontré des pépins pendant sa phase de test d’ingénierie, mais Bloomberg affirme que le produit demeure prévu pour la fenêtre de lancement habituelle de l’iPhone en septembre. Reste une inconnue de taille : la disponibilité réelle en boutique. Certaines sources évoquent un lancement simultané aux iPhone 18 Pro, d’autres pensent plutôt à octobre, en raison de problèmes de fabrication.
À retenir
- La technologie vedette d’Apple depuis 8 ans sera absente du téléphone pliable
- Une question de millimètres : Face ID est trop volumineux pour ce format
- Un capteur ancien ressuscité pour des raisons d’ingénierie pure
Pourquoi Apple sacrifie sa technologie la plus vantée
Depuis huit ans, Apple a construit toute sa communication autour de Face ID, présenté comme plus sûr et plus pratique que n’importe quel capteur d’empreintes. Mais la physique ne négocie pas. Le système Face ID repose sur un ensemble complexe de capteurs 3D (projecteur de points, caméra infrarouge, capteurs de profondeur) qui occupent un volume non négligeable, et sur un smartphone pliable, où chaque millimètre d’épaisseur compte, cette contrainte devient critique. Autant dire que le module qui a fait la réputation de l’iPhone X n’a tout simplement pas sa place dans un châssis pensé pour être aussi fin qu’un carnet de notes.
Mark Gurman, journaliste de Bloomberg dont les prédictions sur Apple font rarement long feu, a confirmé le scénario dans sa newsletter. L’iPhone pliant serait trop fin (moins de 5 mm) pour accueillir les capteurs de Face ID, et il signerait donc le grand retour de Touch ID. Un retour en arrière technologique qui, pour une fois, n’en est pas vraiment un : c’est la contrainte physique qui dicte la décision, pas une envie de nostalgie.
Et l’option intermédiaire, celle du capteur d’empreintes caché sous l’écran comme sur de nombreux Android, a elle aussi été écartée. Apple chercherait à minimiser l’épaisseur totale du châssis, éviter toute bosse ou compromis structurel, et préserver un design pliable aussi fin que possible ; pour les mêmes raisons, Apple se serait également écartée des capteurs d’empreintes ultrasoniques sous l’écran, pourtant utilisés par certains concurrents Android. L’analyste Ming-Chi Kuo, souvent bien informé sur la chaîne de production asiatique, avait anticipé ce choix bien avant que Bloomberg ne le confirme, balayant au passage les rumeurs d’un capteur sous la dalle.
Un bouton qui reconnaît le doigt, pas le visage
Concrètement, où se cachera ce Touch ID ressuscité ? Pas sous l’écran, ni au dos comme sur d’anciens Android premier prix. L’iPhone pliable adopterait Touch ID intégré au bouton d’alimentation latéral, une solution qui présente plusieurs avantages : fiabilité éprouvée, déverrouillage rapide, absence de composants encombrants sous l’écran, fonctionnement quelle que soit la position du téléphone (ouvert ou fermé). Une architecture déjà familière pour les possesseurs d’iPad : un Touch ID latéral, solution éprouvée sur l’iPad Air et certains iPad mini, plus simple à intégrer et nettement moins intrusive sur le plan matériel.
Ironie de l’histoire : ce capteur qu’Apple présentait autrefois comme daté redevient soudain une prouesse d’ingénierie, célébrée pour sa discrétion.
Sur le papier, le compromis n’en est peut-être pas un. Malgré son aspect daté, Touch ID reste plébiscité par de nombreux utilisateurs, car plus pratique dans certaines situations (port du masque, environnements sombres), plus rapide pour certains usages, et perçu comme plus accessible. Reste une question pratique que les premiers tests en magasin trancheront : déverrouiller un appareil de plus de sept pouces déplié avec le pouce posé sur la tranche demande un peu de gymnastique, bien différente du geste naturel qu’on fait sur un iPhone classique tenu à une main.
Un appareil pensé pour la finesse, quitte à rogner ailleurs
Le reste de la fiche technique confirme cette logique de sacrifice raisonné. L’écran interne, une fois déplié, mesurerait 7,76 pouces avec une résolution de 2713 x 1920, tandis que l’écran externe afficherait 5,49 pouces en 2088 x 1422, avec un format 4:3. Côté photo, pas de zoom périscopique ni de stabilisation avancée : l’appareil adopterait un double capteur de 48 mégapixels composé d’un grand-angle principal sans stabilisation par déplacement du capteur, et d’un ultra grand-angle 48 mégapixels, une configuration similaire à celle de l’iPhone 17 standard. Un choix qui confirme la priorité donnée au poids et à l’épaisseur plutôt qu’à la polyvalence photo.
Le tarif, lui, devrait faire grincer quelques dents. Le tarif franchirait les 2000 euros dès l’entrée de gamme, avec des versions supérieures pouvant atteindre 3000 euros selon les analystes. Un positionnement qui place d’emblée l’iPhone pliable hors de portée du grand public, façon produit d’appel plutôt que succès de masse immédiat.
Un chiffre mérite qu’on s’y arrête : selon une source proche d’Apple citée par un média coréen, un « nombre significatif » de personnes qui travaillaient sur le Vision Pro auraient été transférées au développement de ce téléphone, Apple s’attendant à en vendre environ 50 millions d’unités. Un objectif à comparer aux 15,8 millions de pliables toutes marques confondues vendus sur l’année 2023 entière selon DSCC. Autant dire qu’Apple ne vise pas une niche technophile, mais rien de moins qu’une redéfinition du marché du pliable à son seul profit, quitte à devoir rassurer sur la solidité de sa charnière et l’absence de pli visible, deux points qui ont plombé la réputation des concurrents pendant des années.
Sources : blog-nouvelles-technologies.fr | consomac.fr
