Tesla a étendu les horaires de son robotaxi à Austin jusqu’à 23 heures, contre 22 heures auparavant. Pour expliquer pourquoi la flotte ne roule pas plus tard, Elon Musk a posté sur X une formule devenue virale : éviter des chatons gris sur du bitume gris dans le noir. Il reconnaît que le principal chantier est de ne pas écraser d’animaux domestiques quand ils sont difficiles à voir la nuit.
Le service a ouvert en juin 2025 avec des horaires de 6 h à minuit.
- Les caméras Tesla ne distinguent pas un animal gris sur du bitume gris sans contraste lumineux suffisant.
- Le robotaxi d’Austin ferme à 23h au lieu de minuit, réduisant sa plage de service depuis septembre 2025.
- Waymo roule 24h/24 grâce à ses 13 caméras couplées à 4 LiDARs et 6 radars par véhicule.
Un chaton gris sur du bitume gris, cauchemar d’une caméra
Une caméra a besoin de lumière et de contraste pour distinguer un objet de son arrière-plan. Un animal gris sur un revêtement gris, sous un éclairage public faible, ne lui laisse presque rien à analyser. Augmenter la résolution n’y change rien, car l’information manquante n’est pas une question de finesse d’image. Le lidar et le radar, eux, sont des capteurs actifs : ils ne dépendent pas de l’éclairage ambiant.
Musk ne renonce pas pour autant. Il affirme que les caméras à spectre visible voient très bien dans le noir quand l’IA analyse le décompte de photons, et il a écarté les caméras thermiques proposées par un internaute. Selon Motor1, cette phrase décrit ce que le logiciel pourrait accomplir dans l’idéal, pas la façon dont la flotte d’Austin roule aujourd’hui.
Quinze mois après le lancement, la plage horaire a rétréci au lieu de s’élargir.
Waymo, le contre-exemple qui roule toute la nuit
La génération actuelle de Waymo embarque 13 caméras, 4 lidars et 6 radars sur environ 4 000 véhicules sans conducteur, en service jour et nuit. En août, le co-PDG Dmitri Dolgov a publié des images d’enfants et de chiens traversant une rue non éclairée : les caméras peinaient, mais le flux lidar les suivait nettement. Tesla a suivi la voie inverse, abandonnant le radar en 2021 et les capteurs à ultrasons en 2022, sans jamais livrer de lidar.
Le débat n’est pas seulement technique, il est aussi budgétaire. Musk soutient que le lidar et le radar sont trop chers, peu extensibles et inutiles à la sécurité. Il a même affirmé en août que ces capteurs dégradent la sécurité par « conflit entre capteurs ». Or Rivian assure cette semaine que son lidar ne lui coûte plus que quelques centaines de dollars par véhicule, ce qui fragilise l’argument du coût.
Régulateurs et Europe : la même architecture sous surveillance
Aux États-Unis, la NHTSA enquête sur 3,2 millions de véhicules Tesla à propos d’accidents survenus en faible visibilité. Des élus du New Jersey ont déposé un texte imposant au moins deux types de capteurs en plus des caméras pour tout véhicule autonome.
Côté européen, le calendrier est serré. Le comité technique des véhicules à moteur vote le 6 octobre sur l’approbation à l’échelle de l’UE du FSD Supervised, avec un seuil de 55 % des États membres représentant 65 % de la population. Six pays l’ont déjà validé par reconnaissance mutuelle de l’homologation néerlandaise d’avril, obtenue après 18 mois et 1,6 million de kilomètres de données routières européennes.
Ce logiciel est de niveau 2 : le conducteur reste responsable.
Ce que cela change concrètement
À Austin, un client qui rentre tard ne peut plus compter sur le robotaxi après 23 h. En Europe, aucune voiture Tesla ne conduit seule : les caméras sont les mêmes qu’à Austin, donc leurs limites de nuit aussi, et la vigilance du conducteur reste le seul filet de sécurité face à un chat ou un renard sur la route.
Les horaires ont déjà été plus larges : en septembre 2025, la disponibilité montait jusqu’à 2 h du matin, avant un retour à une fermeture à 22 h en août dernier à Austin, Dallas, Houston, Miami, Orlando et Tampa.
Sources : motorsactu.com | theelectricviking.com

