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Fini le panier de linge qui traîne jusqu’au dimanche soir : LG a posé son humanoïde sur roues devant la machine et il ne s’arrête plus au pliage

Fini le panier de linge qui traîne jusqu'au dimanche soir : LG a posé son humanoïde sur roues devant la machine et il ne s...

Un robot à roues capable de trier une machine, de la lancer, puis de plier les serviettes qui en sortent : c’est la promesse de CLOiD, l’humanoïde domestique dévoilé par LG au CES 2026 et qui vient de franchir une étape supplémentaire cet été. Lors d’une conférence sur ses résultats du second semestre, l’entreprise sud-coréenne a annoncé avoir lancé la production pilote de versions de tests de son robot humanoïde Cloid, fin juillet 2026. l’engin qui faisait sensation sur un stand de Las Vegas commence à sortir des usines pour de vrai.

À retenir

  • Un robot aux sept degrés de liberté par bras parvient à plier une serviette, mais à quel prix en temps ?
  • Les démonstrations du CES ont révélé un écart spectaculaire entre la prouesse technique et la réalité pratique
  • LG double le pari : commercialiser le robot ET vendre ses composants à d’autres fabricants dès 2027

Un majordome sur roulettes qui gère la buanderie de A à Z

LG a présenté CLOiD comme un robot humanoïde sur roues capable d’automatiser certaines tâches ménagères, du pliage et rangement de vêtements au lancement du lave-linge. Sur le papier, le programme est complet : le robot repère le linge sale, déclenche le cycle de lavage, puis reprend la main une fois le séchage terminé pour plier et empiler les vêtements. L’entreprise affirme qu’il serait capable d’opérer pleinement en l’absence des occupants du foyer, de quoi transformer ce panier qui traîne jusqu’au dimanche soir en simple souvenir.

Techniquement, la bête impressionne. Les bras de CLOiD affichent une conception particulièrement ambitieuse, avec sept degrés de liberté chacun, soit une mobilité comparable à celle d’un bras humain. Épaules, coudes et poignets autorisent des mouvements avant-arrière, latéraux et rotatifs, tandis que chaque main dispose de cinq doigts motorisés indépendamment. Une dextérité pensée précisément pour manipuler un tissu mou, saisir une chaussette égarée ou attraper une assiette sans la briser. Le torse, lui, n’est pas figé : il est doté d’une hauteur réglable, lui permettant de s’incliner pour manipuler des objets, monté sur une base mobile équipée d’un système de navigation autonome.

La tête, enfin, joue un rôle qui dépasse la simple esthétique. Elle est le cerveau de l’opération : elle a un display pour “facial expressions” et un speaker pour dialoguer, tandis que ses caméras et capteurs apprennent l’emploi du temps de la maison. Ce système, LG l’a baptisé “Physical AI” : le robot utilise des modèles de vision pour transformer ce qu’il voit en compréhension de la pièce. Un détail amusant : LG a repris pour le châssis des roues et une technologie similaire à celle déjà utilisée pour ses robots aspirateurs. Le même savoir-faire qui évite les pieds de table sert désormais à circuler entre la machine à laver et l’étendoir.

Le pliage, entre promesse et démonstration laborieuse

Reste que la réalité du CES a un peu douché l’enthousiasme. Sur le stand, les journalistes présents ont assisté à des scènes plus poussives que spectaculaires. Lors de la démo, CLOiD était plutôt lent et méthodique en attrapant une serviette dans un panier, avant de l’étaler minutieusement sur une table du bout des doigts, puis d’essayer de la plier en deux puis en trois. Le résultat n’était pas franchement à la hauteur : le robot posait ensuite la serviette sur la table en tas froissé, obligeant un employé LG à intervenir pour redresser le pli.

Les chronomètres n’ont pas été tendres non plus. Selon CNET, le robot a mis un total de 30 secondes pour plier soigneusement une serviette, mais était incapable d’aller la chercher lui-même dans le panier : un assistant humain devait la disposer pour lui. Et la cadence ne s’est pas améliorée avec la pratique : les sessions suivantes prenaient une minute entière par serviette. Un rythme d’escargot comparé à la vitesse d’une paire de mains humaines rodées au pliage.

Il faut nuancer : la prouesse technique reste réelle, même imparfaite. Il faut beaucoup de dextérité pour qu’un robot parvienne à saisir une serviette et la plier, et c’est remarquable que CLOiD y soit parvenu partiellement à plusieurs reprises. LG n’est d’ailleurs pas seul sur ce terrain : plusieurs robots plieurs de linge ont été dévoilés au salon, dont le Onero H1 de SwitchBot, preuve qu’une bonne partie de l’industrie voit dans cette corvée un argument marketing en or.

De la démo au vrai monde : direction une usine du Tennessee

Depuis janvier, le dossier a bougé plus vite qu’on ne l’imaginait. LG a d’abord réorganisé sa gouvernance interne : cette montée en puissance intervient alors que LG a réorganisé ses activités liées à la robotique, réunies depuis le 1er juillet 2026 au sein d’un nouveau Robotics Business Center, chargé notamment du développement commercial et de la chaîne d’approvisionnement. Puis, mi-août, l’annonce la plus concrète à ce jour : un partenariat renforcé avec Nvidia. LG prévoit de faire tourner son robot à roues CLOiD sur une véritable ligne de production de machines à laver au Tennessee avant la fin de 2026. Fini les serviettes de démonstration, place à un vrai chantier industriel.

Ce déploiement en usine n’est pas anodin : c’est là que CLOiD va apprendre à travailler pour de bon. Le groupe sud-coréen produit désormais des exemplaires de test, mais avant de plier le linge chez ses clients, la machine va devoir s’entraîner avec quelques centaines de collègues. Cette étape sert aussi à collecter des données en conditions réelles : les machines fabriquées doivent fonctionner sur de longues périodes afin de collecter des données, évaluer leur fiabilité et améliorer les modèles d’intelligence artificielle qui les pilotent.

Côté calendrier grand public, LG reste prudent, voire muet. Le groupe veut commercialiser CLOiD à partir de 2027, mais aussi vendre ses actionneurs à d’autres fabricants. Un business model à double détente : le robot d’un côté, les pièces qui le font bouger de l’autre — une manière habile de rentabiliser la recherche même si l’appareil complet tarde à arriver dans les salons. Pour comparaison, les concurrents déjà positionnés sur ce marché naissant affichent des tarifs qui donnent le vertige : les humanoïdes domestiques rivaux se négocient entre 20 000 et 25 000 dollars selon les modèles, un montant qui rappelle que la vraie bataille ne se jouera pas sur la dextérité, mais sur le prix que les foyers seront prêts à payer pour ne plus jamais toucher un panier de linge.

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