Le Pixel 11 démarre à 899 dollars aux États-Unis, contre 799 dollars pour le Pixel 10 lancé un an plus tôt. En France, la note s’élève à 999 euros. Mais le vrai changement ne tient pas qu’au prix affiché : c’est la version d’entrée, celle à 128 Go de stockage, qui a purement et simplement disparu du catalogue.
Google a discontinué les modèles 128 Go de ses téléphones, ce qui signifie que les modèles les moins chers proposés les années précédentes ne sont plus disponibles. Concrètement, celui qui voulait acheter le Pixel 10 au tarif plancher de 799 dollars ne peut plus reproduire ce geste avec la nouvelle génération. Le tarif américain confirmé est de 899 dollars pour le Pixel 11 en 256 Go, 1 099 dollars pour le Pixel 11 Pro, 1 299 dollars pour le Pixel 11 Pro XL et 1 899 dollars pour le Pixel 11 Pro Fold, la capacité de 128 Go étant retirée sur toute la gamme. Résultat ? Le plancher d’entrée grimpe mécaniquement, même si Google jure ne pas avoir touché au prix du gigaoctet lui-même.
À retenir
- Le Pixel 11 abandonne la barre mythique des 799 dollars—mais pourquoi maintenant ?
- La version 128 Go n’existe plus : un choix marketing ou une contrainte technique ?
- Une pénurie de mémoire mondiale liée à l’IA fait grimper les prix dans tout le secteur
Pourquoi Google a lâché la barre symbolique des 799 dollars
La firme de Mountain View ne s’en cache plus. Google a confirmé que la série Pixel 11 connaîtrait une hausse de prix significative, avec un modèle de base démarrant à 899 dollars aux États-Unis, selon une interview de Shakil Barkat, vice-président des appareils et services chez Google, qui a expliqué que l’entreprise ne pouvait plus absorber les récentes flambées du coût des mémoires. Une déclaration rare pour un dirigeant, qui préfère habituellement laisser planer le flou sur ces sujets sensibles. Le dirigeant a d’ailleurs prévenu que même le Pixel 10a, modèle d’entrée de gamme, pourrait connaître une hausse de prix, les analystes anticipant une augmentation de 50 à 100 dollars par rapport au Pixel 9a.
Le coupable identifié porte un nom technique peu connu du grand public : la DRAM. Le responsable de presque toutes les hausses de prix technologiques en 2026 porte le même nom : la DRAM, la pénurie mondiale de mémoire surnommée « RAMageddon » étant alimentée par les centres de données IA qui consomment des volumes massifs de mémoire à haute bande passante. Cette pression touche l’ensemble de l’industrie, pas seulement Google. On pourrait presque y voir une ironie savoureuse : l’intelligence artificielle, argument marketing numéro un des smartphones actuels, finit aussi par en faire grimper la facture par un effet de bord totalement invisible pour le consommateur final.
Une hausse habillée, mais bien réelle
Google joue sur les mots. Officiellement, le tarif du gigaoctet n’augmente pas puisque la version 256 Go du Pixel 10 coûtait déjà 899 dollars l’an dernier. Le Pixel 11 et le Pixel 11 Pro ne subissent pas techniquement une « hausse de prix » : ils reprennent le tarif de la version 256 Go de la gamme Pixel 10, simplement sans option moins chère en dessous, alors que le Pro XL et le Pro Fold, eux, encaissent une augmentation directe d’environ 100 dollars à chaque palier, la base Pixel 11 à 899 dollars étant 100 dollars de plus que le point d’entrée de 799 dollars de l’an dernier. Google n’a pas techniquement augmenté ses prix, il a simplement supprimé l’option qui permettait de payer moins. La nuance est comptable, l’effet sur le portefeuille est bien réel.
En France, le message est similaire mais un peu plus nuancé. Sa version 256 Go coûtait déjà 999 euros, et le Pixel 11 débute directement avec 256 Go pour 999 euros, si bien que l’acheteur qui visait déjà cette capacité ne paie pas davantage au tarif catalogue. Sur les modèles Pro en revanche, l’addition grimpe franchement : le Pixel 11 Pro voit sa version 128 Go supprimée avec, en contrepartie, l’arrivée d’une version 1 To assez chère, tandis que le Pixel 11 Pro XL voit ses tarifs augmenter de 100 euros à stockage constant. Quant au modèle pliant, les prix grimpent de 1 799 à 1 899 dollars pour 256 Go, chaque option de stockage augmentant de 100 dollars, une tendance cohérente avec la pression tarifaire qui touche tout le secteur des pliants en 2026.
Ce que le consommateur récupère en échange
Payer plus cher n’est jamais agréable, mais Google tente de justifier l’addition par des évolutions matérielles tangibles. Le Pixel 11 embarque un écran OLED 6,3 pouces à 120 Hz, la puce Tensor G6, 12 Go de RAM, 256 ou 512 Go de stockage, un triple capteur photo 48 + 13 + 10,8 Mpx avec zoom optique x5, une batterie de 4 985 mAh, la recharge Pixelsnap 25 W, Android 17 et sept ans de mises à jour. Sur la recharge sans fil justement, celle-ci passe de 15 à 25 W, un gain concret pour qui utilise beaucoup son téléphone sans câble.
Le processeur mérite qu’on s’y arrête. Le Tensor G6 est la puce maison de Google et le premier système sur puce construit sur le procédé 2 nm N2 de TSMC, les transistors plus petits offrant une meilleure efficacité énergétique et un traitement IA plus rapide sans augmenter la taille de la batterie ni la chaleur dégagée. Sur le plan esthétique, Pixel Glow, l’anneau de notification RGB intégré à la barre photo, est bien de la partie, et sur les modèles Pro, Google l’accompagne de HiLight, des couleurs LED personnalisables pour les appels entrants et le statut de Gemini. Un test récent en France reste néanmoins prudent sur l’ampleur réelle des progrès : 9to5Google décrit cette génération comme une évolution relativement modeste sur le plan matériel.
Face à la concurrence, l’argument tarifaire de Google reste solide malgré la hausse. Le Pixel 11 démarre à 899 dollars contre 1 299 dollars pour le Galaxy S26 Ultra de Samsung, et le Pixel 11 Pro à 1 099 dollars reste le concurrent le plus proche, offrant des caractéristiques photo et d’écran similaires avec une remise de 200 dollars. De quoi relativiser la déception des acheteurs habitués au ticket d’entrée à 799 dollars : le Pixel reste, pour l’instant, moins cher que ses rivaux directs. Reste à savoir combien de temps cette comparaison tiendra si la pénurie de mémoire s’aggrave, comme le redoutent déjà plusieurs analystes du secteur.
Sources : presse-citron.net | clubic.com

