Wandercraft affiche aujourd’hui une capacité de 1 000 robots par an sur sa ligne parisienne, soit un robot toutes les deux heures, humanoïdes et exosquelettes confondus. La start-up veut ensuite passer à 2 000 unités, donc à un robot toutes les heures. L’annonce a été faite à l’occasion de l’inauguration du site, le 5 octobre 2026, dans le 13e arrondissement de la capitale.

Le chiffre couvre tous les modèles, pas seulement Calvin.

Les communiqués de l’entreprise parlent d’ailleurs plutôt d’une capacité de production d’un robot par heure, ce qui ressemble davantage à la cible qu’au rythme actuel. Un calcul de bon sens aide à s’y retrouver : mille machines par an à raison d’une toutes les deux heures représentent environ 2 000 heures d’assemblage, soit une équipe de huit heures pendant 250 jours ouvrés. C’est une estimation personnelle, pas un chiffre publié, mais elle suggère une ligne qui ne tourne pas encore à plein régime. Wandercraft dit justement vouloir monter en cadence en renforçant progressivement ses équipes.

À retenir
  • Wandercraft produit aujourd’hui 1 000 robots par an dans son usine parisienne.
  • Calvin-40 soulève jusqu’à 40 kilos et fonctionne sans téléopérateur.
  • Renault prévoit 350 robots dans ses usines d’ici fin 2027.

Un ancien centre de tri postal reconverti en usine

Le site occupe un ancien centre de tri postal de 4 300 m², soit l’équivalent d’environ seize courts de tennis. 800 m² y sont consacrés au montage, au stockage et à la maintenance des robots.

Recherche et développement, production et maintenance sont regroupées sur le même site. Au sous-sol, la ligne de production sert aussi bien les exosquelettes Ève et Atalante que l’humanoïde Calvin-40, développé avec Renault Group. Le bâtiment abrite également « Walk in Paris », un centre où les patients peuvent tester les exosquelettes, preuve que l’activité médicale d’origine n’a pas été reléguée au second plan.

Ce déménagement survient deux semaines à peine après le rachat de l’américain Ekso Bionics.

Calvin-40, un humanoïde sans tête qui porte 40 kilos

Calvin-40 soulève jusqu’à 40 kilos, à peu près le poids d’un gros sac de ciment, et une prochaine version montera à 50. Il n’a pas de tête, mais deux bras et deux jambes. Il fonctionne sans téléopérateur : vision 3D, navigation autonome et contrôle adaptatif lui permettent de déplacer cartons et caisses entre les postes de travail. Wandercraft assure qu’il s’intègre aux installations existantes sans modification de leur infrastructure.

Le nom, lui, n’a rien d’arbitraire. Le « 40 » renvoie aux 40 jours qu’a duré son développement, rendus possibles par douze ans de travail sur les exosquelettes. Plus de 100 exosquelettes Atalante opèrent dans des hôpitaux sur quatre continents, pour plus d’un million de pas chaque mois. Cette masse de données sur la marche humaine, selon une analyse spécialisée, alimente l’intelligence artificielle du robot.

Sur le terrain, un exemplaire d’1,70 m a intégré l’équipe de nuit du site Renault de Douai, où il transporte des pneus. À Flins, dans les Yvelines, les essais portaient sur des gestes comme déplacer un pneumatique d’environ 14 kg ou visser sous le châssis d’un véhicule qui avance sur la ligne.

350 robots chez Renault, mais pas avant 2027

La relation avec le constructeur s’est nouée vite. Le 3 septembre 2025, Renault présentait Calvin-40 à Flins devant trois ministres, trois mois après la finalisation de l’alliance, le 6 juin 2025. Renault est entré au capital de Wandercraft avec une participation minoritaire, et la start-up a dévoilé une levée de fonds de 75 millions de dollars.

Renault a annoncé un premier déploiement de 350 robots dès 2027. Une source évoque une dizaine de robots d’ici fin 2026, puis 350 dans les usines françaises et espagnoles d’ici fin 2027, en précisant que ces objectifs annoncés sont susceptibles d’évoluer. Les deux calendriers ne se recoupent pas exactement, ce qui invite à la prudence sur les dates. Pour un constructeur, l’enjeu dépasse la manutention d’un pneu : il s’agit de tester à grande échelle un poste que Renault qualifie lui-même de très exigeant sur le plan ergonomique.

Ces 350 machines représenteraient un gros tiers de la capacité annuelle actuelle de la ligne parisienne. Wandercraft indique par ailleurs avoir signé des contrats avec douze grands comptes industriels en moins d’un an.

Pendant les 10 heures que Renault consacre à produire une Renault 5, la ligne parisienne pourrait théoriquement sortir cinq robots.

Reste la question de l’emploi. Selon le constructeur, le robot doit prendre les tâches pénibles et répétitives, comme le port de pneus, et travailler aux côtés des opérateurs plutôt que de supprimer des postes. Renault parle aussi d’une stratégie « design-to-cost » visant à produire des robots à grande échelle avec des coûts maîtrisés. Le prix d’un Calvin n’a, en revanche, pas été communiqué. Le BTP figure en bonne place parmi les débouchés envisagés une fois l’industrie manufacturière conquise.

Jean-Louis Constanza, cofondateur de Wandercraft, assure que l’entreprise passera le million de robots produits par an avant dix ans. Ce serait mille fois la capacité de la ligne actuelle. Les premiers lots destinés à Renault donneront une indication plus fiable : ils diront si la cadence d’un robot toutes les deux heures, ou toutes les heures selon les communiqués, tient en conditions réelles.

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