Les livraisons mondiales de PC ont chuté de 20,1 % sur un an au troisième trimestre 2026, selon les données préliminaires publiées par IDC le 8 octobre. Le cabinet compte 62,7 millions de machines livrées, contre 78,5 millions un an plus tôt. Cela fait 15,8 millions d’ordinateurs en moins, soit plus que la population de la Belgique.

Le coupable porte un nom : la mémoire vive, et son cousin le SSD.

Omdia, dont la méthodologie diffère, mesure 58,1 millions de PC livrés, soit une chute de 21,2 %. Selon ses données, les ordinateurs de bureau reculent de 23,5 %, à 11,7 millions d’unités, et les portables de 20,6 %, à 46,4 millions.

À retenir
  • Les livraisons mondiales de PC ont chuté de 20,1 % sur un an au troisième trimestre 2026.
  • La DRAM et les SSD représentent désormais près de 40 % du coût d’un PC, contre environ 15 % auparavant.
  • Les producteurs ont délaissé la mémoire grand public au profit de la HBM destinée aux datacenters d’IA.

Un troisième trimestre qui devait être le plus fort

D’ordinaire, l’été et la rentrée font du troisième trimestre un meilleur cru que le deuxième. Cette fois, le marché recule de 9,1 % par rapport au deuxième trimestre et à ses 68,2 millions d’unités. IDC présente ce repli comme la plus forte baisse que le cabinet ait enregistrée sur un troisième trimestre. C’est aussi le deuxième trimestre consécutif de baisse.

IDC l’explique par les stocks que les constructeurs ont constitués avant l’inévitable hausse des composants, menée par la RAM. Du côté d’Omdia, le directeur de recherche Ishan Dutt juge la chute peu surprenante : les hausses de coûts en amont se sont désormais répercutées sur les prix de détail. Lenovo, HP et Dell encaissent les plus fortes baisses en volume, alors que Apple et Asus résistent le mieux.

40 % : un chiffre à manier avec précaution

Le chiffre qui circule vient d’Omdia, et il ne concerne pas la RAM seule. La part de la DRAM et des SSD dans le coût d’un PC serait passée d’environ 15 % à près de 40 %, après des hausses de prix de plus du quadruple.

Les autres acteurs donnent des ordres de grandeur voisins, mais pas identiques. HP indiquait au premier trimestre que la mémoire représentait 35 % du coût de fabrication d’un PC, contre 15 à 18 % historiquement. Gartner, plus prudent en février, anticipait un pic à 23 % de la nomenclature, contre 16 % en 2025. L’écart tient au périmètre retenu (mémoire seule ou mémoire plus stockage) et à la date de la mesure.

TrendForce a chiffré un portable à 900 dollars : au troisième trimestre, processeur, DRAM et SSD absorbaient déjà environ 68 % de la nomenclature.

L’IA a siphonné la production

Le mécanisme est connu, mais ses effets surprennent encore. Les producteurs ont délaissé la DRAM au profit de la HBM, dont les datacenters d’IA sont friands, bien plus chère et plus rentable. Le volume de mémoire destiné aux PC et aux smartphones diminue même, alors que les revenus du secteur s’envolent grâce aux prix. Counterpoint Research a relevé que la DDR4 sur le marché spot a atteint 2,10 dollars le gigabit, soit davantage que la HBM3e avancée à 1,70 dollar. Une mémoire dépassée vendue plus cher que la technologie de pointe : le marché est déréglé.

Les réservations des géants de l’IA pèsent sur l’offre. OpenAI aurait commandé l’équivalent de 40 % de l’approvisionnement mondial en plaquettes de DRAM, avec une exécution étalée jusque vers 2029, une estimation de l’industrie. TrendForce relève que les prix de contrat de la DRAM courante ont gagné 13 à 18 % au troisième trimestre, avec 10 à 15 % attendus au quatrième, et 15 à 20 % pour la mémoire NAND.

Acheter maintenant ou attendre

Les prix ne vont pas redescendre à court terme. Le président d’Acer, Jason Chen, table sur des prix finaux en hausse d’environ 5 à 20 % au quatrième trimestre, selon les capacités de mémoire et de SSD de chaque modèle. Il juge pourtant l’offre de DDR4 et de DDR5 grand public plutôt abondante, la DDR4 affichant même des baisses.

Omdia prévoit un nouveau recul de 24 % sur un an au trimestre suivant.

Pour un achat qui ne peut pas attendre, le premier réflexe consiste à comparer les configurations à capacité égale. Un PC doté de 32 Go de RAM et de 2 To de SSD embarque désormais un surcoût que le processeur n’explique plus. Si 16 Go et 512 Go couvrent l’usage réel (bureautique, navigation, quelques photos), la facture en sera allégée. Pour un PC de bureau, une carte mère compatible DDR4 mérite aussi d’être regardée, puisque ce format affiche des baisses de prix.

Gartner prévoit la disparition des PC à moins de 500 dollars d’ici 2028.

Le cabinet estime que la hausse combinée des prix de la DRAM et des SSD atteindra 130 % d’ici fin 2026, ce qui renchérirait les PC de 17 % par rapport à 2025. Omdia anticipe encore un recul de 7 % du marché sur 2027.

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