Vous tapez le nom d’un dossier, une facture PDF ou simplement « calc » dans la barre de recherche du menu Démarrer. Et là, surprise : à côté de vos fichiers apparaissent des liens vers des sites, des actualités, parfois même des publicités. Rien d’anormal, ni de piraté. C’est simplement Windows qui, depuis plusieurs années, transmet une partie de vos frappes clavier aux serveurs de Microsoft pour les faire transiter par Bing.
Par défaut, la zone de recherche du menu Démarrer applique vos recherches sur votre ordinateur, mais également sur Internet à travers le moteur Bing. Pour limiter la recherche à votre ordinateur, vous pouvez désactiver la recherche Web. ce que beaucoup d’utilisateurs pensaient être une simple recherche locale, cantonnée à leur disque dur, est en réalité une requête mixte, une partie restant sur la machine, l’autre partant vers le cloud de Microsoft. Le problème ? Personne ne vous prévient au moment où vous tapez.
À retenir
- Vos frappes clavier au menu Démarrer s’échappaient vers les serveurs Microsoft sans que vous le sachiez
- Cette « feature » était moins un assistant que une vitrine cachée pour promouvoir Bing face à Google
- Windows 11 permet enfin de couper cette connexion, mais le vrai combat entre Microsoft et les utilisateurs ne fait que commencer
Un mélange local/web pensé pour Bing, pas pour vous
Concrètement, lorsque vous effectuez une recherche depuis le menu Démarrer, Windows peut interroger Internet en plus de rechercher des fichiers, applications ou paramètres présents sur votre ordinateur, et si vous saisissez le nom d’un logiciel, d’un site web ou même une question, Windows peut afficher des résultats provenant du web. Sur le papier, l’idée n’est pas absurde : convertir des devises, vérifier la météo ou obtenir une réponse rapide sans ouvrir de navigateur. Dans la pratique, beaucoup jugent la fonction envahissante. Pour certains utilisateurs, cette intégration n’apporte pas grand-chose et peut même rendre les résultats de recherche moins pertinents.
Il y a aussi une dimension moins avouée : cette fonctionnalité permet plus à Microsoft de promouvoir leur moteur de recherche Bing, dont la part de marché reste marginale face à Google. Glisser des résultats Bing dans l’outil le plus utilisé de Windows, celui qu’on ouvre par réflexe pour lancer une appli, est une manière discrète de pousser l’usage. Le menu Démarrer devient une vitrine publicitaire déguisée en assistant de productivité.
Le vrai souci pour beaucoup d’utilisateurs reste la confidentialité. Cette fonctionnalité implique également que les recherches effectuées depuis le menu Démarrer de Windows pour obtenir des résultats web sont transmises aux services en ligne de Microsoft. Autant dire que si vous tapez le nom d’une maladie, d’un concurrent professionnel ou d’un sujet sensible, cette frappe quitte votre PC. Pas de piratage, pas de faille de sécurité au sens strict, mais un flux de données qui échappe totalement à votre contrôle une fois qu’il est parti.
Ce qui a changé récemment sur Windows 11
La pression des utilisateurs a fini par payer, au moins en partie. Depuis la mise à jour 25H2, Microsoft a ajouté une nouvelle option qui permet enfin de désactiver l’affichage des résultats issus du web, une fonctionnalité qui améliore la confidentialité et rend la recherche locale plus lisible. Il aura fallu des années de tutoriels de contournement via le registre pour que l’éditeur propose enfin un interrupteur natif, accessible sans bidouille technique.
La marche à suivre est désormais simple : faites un clic droit sur le menu Démarrer, cliquez sur Paramètres, accédez à Confidentialité et sécurité, dans la section Autorisations Windows sélectionnez Rechercher, puis désactivez l’option Autoriser les applications de recherche à afficher les résultats. Une manipulation qui prend moins d’une minute, et qui change immédiatement le comportement du menu Démarrer.
Les utilisateurs européens bénéficient même d’un traitement particulier, conséquence directe de la réglementation sur le numérique. Si vous êtes un utilisateur situé dans un pays de l’EEE (Espace économique européen), vous avez la possibilité de désactiver les suggestions de recherche web via les autorisations de recherche dans les Paramètres de Windows 11. Une nuance qui n’a rien d’anodin : c’est bien la pression du droit européen sur les pratiques des géants du numérique qui a poussé Microsoft à clarifier ce réglage, plutôt qu’une initiative spontanée. Sur Windows 10, la manœuvre passe encore par le registre, avec la clé DisableSearchBoxSuggestions, ou par la stratégie de groupe pour les versions Pro et Entreprise.
Ce que vous gagnez, et ce que vous perdez, en coupant le web
Une fois la fonction désactivée, le changement se voit tout de suite. Si vous saisissez un terme qui n’existe pas sur votre ordinateur, Windows le signalera comme Aucun résultat trouvé au lieu d’envoyer ce texte à Bing. Fini les propositions de sites non sollicités quand vous cherchez un fichier au nom approximatif. Et la vitesse s’en ressent, contrairement à ce qu’on pourrait croire : étant donné que le système n’attend plus les réponses du serveur ni ne charge les miniatures Web, les résultats locaux des applications et des documents apparaissent beaucoup plus rapidement. Une recherche qui traînait deux ou trois secondes redevient quasi instantanée, tout simplement parce qu’elle ne fait plus l’aller-retour vers un serveur distant.
Ce gain a un revers, à ne pas négliger si vous appréciez ces raccourcis. Vous perdrez également la possibilité d’effectuer des conversions rapides d’unités, de vérifier directement la météo ou d’utiliser tout autre processus du menu Démarrer utilisant Internet. Pour un usage occasionnel, la perte est minime. Pour qui utilise ces mini-outils au quotidien, mieux vaut peser le compromis avant de couper l’interrupteur.
Reste une question que peu de tutoriels abordent frontalement : même une fois l’option coupée dans les paramètres visibles, certains réglages reviennent parfois après une mise à jour majeure de Windows, ce qui a poussé une partie des utilisateurs avancés à intervenir directement sur l’image d’installation via des outils comme DISM pour figer le comportement dès le premier démarrage. Un signe que la bataille entre confort perçu par Microsoft et attentes réelles des utilisateurs n’est probablement pas terminée, et qu’il faudra sans doute revérifier ce réglage à chaque grosse mise à jour du système.
Sources : lecoindunet.com | malekal.com
