Sur les 51 épreuves de la deuxième édition des Jeux mondiaux des robots humanoïdes, 30 étaient des compétitions sportives et 21 des épreuves de mise en situation. Ces 21 là se jouaient dans des décors d’usine, d’hôtel ou d’appartement, loin des pistes d’athlétisme et des tapis de lutte.

Le plateau, lui, donne le vertige : 666 équipes, 2 056 robots, 16 pays et six continents.

À retenir
  • 21 des 51 épreuves se déroulent en mise en situation réelle (usine, hôtel, appartement) plutôt qu’en compétition sportive pure.
  • Le record du 100 mètres est passé de 21,50 secondes à 8,64 secondes en un an, surpassant le record humain d’Usain Bolt.
  • Les épreuves de mise en situation visent à démontrer l’autonomie des robots pour des applications industrielles réelles et durables.

Une édition qui change d’échelle

La première édition, en 2025, proposait 26 épreuves et 487 matchs. Celle de 2026 en a aligné 51 et 1 301. La compétition principale a duré cinq jours, contre trois l’année précédente. Elle se tenait en parallèle de la Conférence mondiale de la robotique, du 19 au 23 août dans le quartier E-Town.

La Chine domine les inscriptions avec 641 équipes et 1 975 robots, issus de 157 entreprises et d’environ 200 instituts de recherche et universités. Cela représente plus de 96 % des robots engagés. Les États-Unis, l’Allemagne, le Japon et le Brésil figurent parmi les autres pays représentés. Aucune équipe française, ni délégation européenne officielle, n’a en revanche été repérée.

Des records qui tombent en un an

Le 100 mètres résume le bond accompli. Le record est passé de 21,50 secondes en 2025 à 8,64 secondes. Pour mémoire, le record du monde humain d’Usain Bolt, établi en 2009, est de 9,58 secondes.

Le jour d’ouverture, Tiangong Ultra l’a emporté en 9,39 secondes, après avoir remonté le robot Lightning de Honor, chronométré à 9,47. Trois jours plus tard, il a abaissé la marque à 8,86 secondes en demi-finale de la catégorie grand format.

Le reste du programme suit la même pente. Le 400 mètres grand format est passé de 1 min 28 s 03 à 38,15 secondes, et le 1 500 mètres de 6 min 34 s 40 à 2 min 21 s 64. Le saut en longueur sans élan, lui, a grimpé de 1,25 mètre à 4,83 mètres.

Le saut en hauteur sans élan est passé de 0,96 mètre à 3,40 mètres.

Ces chiffres s’accompagnent de règles plus serrées. Le temps limite du 100 mètres est tombé de trois minutes à une, celui du 400 mètres de 15 à 5 minutes, celui du 1 500 mètres de 40 à 15 minutes. Le 100 mètres est aussi devenu une épreuve entièrement autonome. Ce sont des repères de catégories précises, pas des performances comparables d’un robot à l’autre.

Les 21 épreuves où se joue l’avenir du travail

Les épreuves de mise en situation visent un autre public que les amateurs de sprint : les industriels. Elles se déroulent dans des cadres réels, usines, hôtels, maisons témoins, là où l’édition précédente restait en environnement simulé. Parmi les nouveautés figurent plier du linge, éteindre un feu dans un scénario de secours et préparer un plat cuisiné en magasin. Les organisateurs testent aussi l’assemblage de pièces, le ménage et le tri de livres en bibliothèque. Les robots doivent y enchaîner des tâches longues, de façon autonome, dans des décors complexes.

Jiang Guangzhi, directeur du Bureau municipal de l’économie et des technologies de l’information de Pékin, a laissé entendre que « les règles de compétition pourraient évoluer en normes techniques pratiques ». ce barème pourrait servir de référence bien au-delà du Ruban de glace.

En 2025, des robots du tournoi de football, pourtant autonomes, s’étaient effondrés sans prévenir.

Une vitrine plus qu’un tournoi

Le contexte industriel éclaire l’ampleur donnée à l’événement. Selon le cabinet Smart Analytics Global, les fabricants chinois ont assuré plus de 97 % des expéditions mondiales de robots humanoïdes au premier semestre 2026. Pour la presse spécialisée, Pékin veut surtout montrer que ses humanoïdes deviennent assez autonomes pour quitter les laboratoires.

Mon avis : un sprint à 8,64 secondes fait de belles images, mais il ne dit rien de la valeur d’un robot dans un entrepôt. Plier du linge pendant des heures sans intervention humaine, voilà un critère plus parlant. La question à venir sera de savoir quel robot travaille de façon fiable, autonome et rentable aux côtés des humains.

Les organisateurs le formulent eux-mêmes : l’objectif est de passer de simples outils de démonstration à des solutions d’une productivité réelle. Cela expliquerait pourquoi 21 épreuves de mise en situation, soit 41 % du programme, ont pris autant de place dans cette édition.

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