Samsung Display l’a encore montré ces derniers mois : un écran qui grandit sans jamais se plier. Le concept « Mobile Slidable » s’étend de 5,1 à 6,7 pouces lorsqu’il est complètement déployé. Ni charnière, ni pli visible au centre de la dalle, le défaut qui colle à la peau des Galaxy Z Fold depuis leur lancement.

Fini la charnière mécanique, disparue.

Contrairement aux smartphones pliables, ce concept ne repose sur aucune charnière mécanique : l’écran flexible glisse directement depuis l’intérieur du châssis lorsque le téléphone est étendu. En position compacte, l’appareil dispose d’un écran de 5,1 pouces au format 16:9, une taille pratique pour une utilisation à une main, les appels ou les applications de messagerie. Il suffit de tirer le châssis vers le haut pour que la dalle se déploie progressivement pour atteindre 6,7 pouces, avec un format d’affichage qui change alors pour devenir 22:9, un ratio très allongé qui offre davantage d’espace pour les contenus. Côté définition, la dalle affiche une résolution de 1 080 × 2 640 pixels avec une densité de 426 ppi, des chiffres identiques à ceux communiqués lors des précédentes démonstrations du même panneau.

Ce n’est d’ailleurs pas une nouveauté sortie de nulle part. Samsung Display exhibait déjà un panneau aux mesures identiques sous le nom de « Slidable Flex Vertical » à l’occasion du CES 2025, où un modèle avec un format 16:9 qui slide verticalement devenait un panneau de 6,7 pouces au format 22:9 FHD+ était présenté au public. Le concept a simplement changé d’étiquette au fil des salons, sans changer de dimensions.

À retenir
  • L’écran coulisse de 5,1 à 6,7 pouces sans pli ni charnière visible grâce à un système de guidage horizontal.
  • Le vrai problème réside dans la protection de la dalle cachée, la durabilité des rails et l’intégration de la batterie avec le moteur d’entraînement.
  • Ce concept circule chez Samsung depuis 2022 sans commercialisation : plusieurs années supplémentaires sont nécessaires avant une production en série.

La vraie fragilité n’est pas dans la dalle

Voilà où le bât blesse vraiment. Une dalle qui ne plie plus règle un problème esthétique, mais elle en déplace un autre, plus discret et potentiellement plus coûteux à résoudre : celui du mécanisme qui la fait coulisser.

Un smartphone coulissant peut éviter le pli, mais il introduit une autre complexité : le mécanisme d’extension lui-même, la protection de la partie d’écran dissimulée dans le châssis, et la tenue dans le temps des rails ou du système de guidage. Un point que confirme un autre constat technique : le moteur d’entraînement est monté via un support latéral dans le boîtier, tandis que les ingénieurs doivent loger batteries, caméras, antennes, haut-parleurs et composants de charge autour d’un mécanisme mobile tout en préservant l’intégrité structurelle de l’appareil. La batterie, justement, cristallise une bonne partie du casse-tête : son emplacement devient critique puisqu’elle doit alimenter le moteur tout en tenant dans un châssis qui accueille des composants coulissants.

Samsung n’a pas communiqué à ce stade de données publiques détaillées sur la durabilité d’un futur produit commercial, les médias parlant davantage d’un concept prometteur que d’un appareil dont la fiabilité a déjà été démontrée à grande échelle. Un logiciel doit lui aussi suivre le mouvement : le système développé par Samsung peut identifier la position des capteurs à mesure que l’écran coulisse et déplacer automatiquement les éléments d’interface en conséquence. Autant de briques techniques qui, mises bout à bout, pèsent probablement plus lourd dans la balance qu’une simple question de pixels pliés ou non.

Un serpent de mer technologique depuis 2022

Ce concept traîne dans les cartons coréens depuis plus longtemps qu’on ne le croit. Dès mai 2022, Samsung Display montrait un écran OLED coulissant de 6,7 pouces qui s’étendait verticalement, avec les mêmes dimensions finales que la version présentée aujourd’hui. Trois ans se sont écoulés sans qu’aucun modèle grand public n’en hérite.

Le constructeur reste d’ailleurs prudent sur ce point précis. Malgré une démonstration impressionnante, Samsung indique clairement qu’il s’agit d’un projet en développement et ne communique aucune date de commercialisation. Certains observateurs du secteur restent même circonspects sur le calendrier global : plusieurs spécialistes de l’industrie estiment qu’il pourrait encore falloir plusieurs années avant qu’un smartphone extensible atteigne le stade de la production en série, aucun modèle rollable ou coulissant n’ayant encore été commercialisé à grande échelle malgré des concepts similaires présentés par différents fabricants.

Le calendrier reste flou, mais la stratégie, elle, se précise. En parallèle des écrans coulissants, Samsung planche sur des smartphones à écran enroulable annoncés pour 2028, où la principale difficulté réside dans la durabilité, le panneau OLED devant pouvoir supporter des milliers de cycles d’enroulement et de déroulement sans que ses pixels ne se dégradent. Deux formats différents, un même obstacle : faire tenir un mécanisme mobile dans la durée sans sacrifier l’épaisseur ni l’autonomie. La dalle sans pli fait rêver sur les stands des salons, mais c’est bien le petit moteur caché dans le châssis qui décidera si ce format quitte un jour les vitrines pour les poches des consommateurs.

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