Le 8 septembre 2026, un robot a quitté une chaîne de montage sur ses deux jambes, sans qu’aucune main humaine ne l’ait allumé. Xpeng vient de franchir cette étape avec Iron, son robot humanoïde, et le lieu où il va travailler en premier n’a rien d’un salon.
Le constructeur chinois a mis en service ce qu’il présente comme la première ligne de production automatisée au monde pour des robots humanoïdes avancés, et son robot IRON a marché hors de cette ligne par ses propres moyens. La chaîne fonctionne avec plus de 80 % de ses processus principaux automatisés. Le robot n’a besoin d’aucun opérateur pour être piloté à distance, assure la marque, qui parle de fonctionnement sans télécommande.
Personne n’a appuyé sur un bouton pour le réveiller.
- Le robot Iron de Xpeng a quitté une chaîne de production sans intervention humaine le 8 septembre 2026.
- Iron sera d’abord déployé dans les usines sidérurgiques et les magasins Xpeng, pas dans les foyers.
- La filiale robotique de Xpeng a levé 900 millions de dollars en août, valorisant l’entreprise à 6,3 milliards de dollars.
De la vidéo virale à l’usine bien réelle
Si le nom d’Iron évoque quelque chose, c’est normal. Le robot est devenu viral en novembre dernier, sa démarche était tellement fluide que des internautes ont accusé Xpeng de cacher une personne dans un costume. Des ingénieurs avaient dû ouvrir sa jambe sur scène pour prouver le contraire. Dix mois plus tard, ce même robot marche seul hors d’une usine à Guangzhou.
Le patron de Xpeng, He Xiaopeng, a lui-même accroché un badge d’employé autour du cou de la machine lors de la cérémonie d’inauguration. « Les lignes de production de robots ont été créées de zéro, sans précédent à suivre. L’étape d’aujourd’hui est petite, mais Xpeng construit les lignes de production d’une catégorie de produits entièrement nouvelle », a-t-il déclaré.
Sur la fiche technique, Iron mesure 178 centimètres et pèse 70 kilogrammes. Il compte 76 degrés de liberté sur l’ensemble du corps et 21 pour chaque main, de quoi manipuler des objets avec une finesse proche de celle d’une main humaine. Trois puces Turing maison lui offrent jusqu’à 2 250 TOPS de puissance de calcul, suffisamment pour exécuter directement sur le robot le modèle d’IA physique de Xpeng.
Son premier poste : usine, magasin, aciérie, pas la maison
La maison attendra.
Avant tout lancement commercial, les premiers robots iront dans les propres magasins et campus de Xpeng, loin de tout foyer. L’entreprise a aussi noué un partenariat avec Baosteel, premier sidérurgiste chinois, où de premières unités seront bientôt déployées pour des tâches d’inspection industrielle. avant de faire le café le matin, Iron sera chargé de vérifier des installations d’acier en fusion. Le calendrier prévoit ensuite une arrivée plus visible pour le grand public : dès le premier trimestre 2027, le robot doit intégrer les showrooms Xpeng en Chine comme assistant commercial.
La commercialisation mondiale, elle, n’est pas attendue avant 2027, en Chine comme à l’international. Aucun tarif n’a pour l’instant été communiqué.
Xpeng contre Tesla, la course aux humanoïdes s’accélère
Les investisseurs, eux, n’ont pas attendu pour miser gros. Fin août, la filiale robotique de Xpeng a bouclé une levée de fonds de 900 millions de dollars, valorisant l’entité à plus de 6,3 milliards de dollars, la plus importante jamais réalisée dans le secteur de l’IA incarnée en Chine. IDG Capital a mené l’opération, avec la participation de Tencent et Alibaba.
L’objectif affiché : dépasser les 1 000 robots produits par mois d’ici la fin de l’année, avant de viser un million d’unités par an à l’horizon 2030.
La comparaison avec Tesla s’impose d’elle-même. Le constructeur américain a converti son usine de Fremont, en Californie, pour y produire son propre robot humanoïde Optimus, qui reste pour l’instant introuvable sur le terrain. Xpeng, lui, a préféré construire une chaîne dédiée à Guangzhou plutôt que de reconvertir une usine automobile existante. Mais la prudence reste de mise : selon Xpeng lui-même, la mise en service de cette ligne ne signifie pas encore l’entrée en production de masse, qui doit intervenir avant la fin de l’année.
Sources : usine-digitale.fr | tesla-mag.com | humanoid.guide

