NAISTS est un projet de câble sous-marin d’environ 6 000 km entre la Bretagne et New York, porté par la société française SCLES SAS. Conçu avec 24 paires de fibres et une capacité supérieure à 500 Tbit/s, il doit entrer en service en 2030. Des raccordements optionnels sont prévus, notamment vers Saint-Pierre-et-Miquelon.

C’est le double de la capacité du câble Dunant.

À retenir
  • NAISTS atteint 500 Tbit/s de capacité entre la Bretagne et New York avec 24 paires de fibres optiques.
  • Le câble sera ouvert à tous les opérateurs, entreprises du cloud et de l’IA, pas réservé à un géant américain.
  • Plus de 90 % de la capacité transatlantique actuelle est contrôlée par Google, Meta ou Microsoft.

Un câble ouvert à tous les acteurs du numérique

Le sigle signifie North Atlantic Interconnect Submarine Telecommunication System. SCLES le présente comme un câble « intelligent », ce qui renvoie à l’idée d’un système intégré de recherche et de télécommunications. Contrairement aux câbles privés des grandes plateformes, NAISTS sera ouvert à l’ensemble des opérateurs, aux acteurs du cloud et de l’IA, ainsi qu’aux institutions. Le pari est de vendre de la capacité à ceux qui n’ont pas les moyens de poser leur propre câble.

Dunant, propriété de Google, affiche 250 Tbit/s entre Virginia Beach et Saint-Hilaire-de-Riez. Il compte douze paires de fibres, contre seize pour Grace Hopper, qui annonce une capacité de conception de 352 Tbit/s. Avec 24 paires, NAISTS double le nombre de fibres de Dunant. Le calcul est simple : 500 divisés par 24, comme 250 divisés par 12, donnent environ 21 Tbit/s par paire dans les deux cas, donc le gain vient du nombre de fibres plutôt que d’une rupture technologique.

Remontons un peu le temps pour mesurer l’écart. Apollo South, qui relie Lannion à Manasquan, plafonne à 3,2 Tbit/s par câble. Il a été installé au printemps et à l’été 2002, et NAISTS vise plus de 150 fois cette capacité.

Saint-Pierre-et-Miquelon, escale stratégique

Lors de sa visite à Saint-Pierre-et-Miquelon, Emmanuel Macron a mis en avant trois projets destinés à développer les activités numériques et spatiales de l’archipel, dont NAISTS. Trois entreprises du spatial et des câbles sous-marins envisagent de s’y implanter d’ici 2030.

L’archipel y gagnerait un lien direct avec l’Europe.

L’intérêt d’une escale dépasse la simple connexion. Une nouvelle liaison permettrait de diversifier les routes de l’archipel, d’améliorer sa connectivité et, à terme, de faciliter l’installation de centres de données. Le co-fondateur Gaëtan Chauderlot, chargé des affaires publiques, souligne que le sommet franco-canadien qui a marqué ce déplacement a démontré la place stratégique de l’archipel dans l’Atlantique Nord. SCLES y voit aussi une coopération numérique inédite entre la France et le Canada.

La souveraineté, enjeu derrière les térabits

Les câbles sous-marins transportent la quasi-totalité du trafic mondial. Une question écrite à l’Assemblée nationale évoquait 99 % du transport des données numériques, contre moins de 1 % pour les satellites. Le texte relevait aussi qu’une coupure accidentelle ou volontaire pose un vrai problème géopolitique de sécurité.

Plus de 90 % des capacités transatlantiques sont liées aux géants américains.

Le chiffre vient d’un rapport cité par Outre-mer La 1ère : en 2025, plus de 90 % de la capacité transatlantique était détenue, en totalité ou en partie, par Google, Meta ou Microsoft. Un câble commercial français, accessible à tous les clients, répond à cette dépendance, et c’est ce qui lui vaut l’étiquette « souverain » dans la communication du projet. Reste à savoir qui le financera : les sources consultées ne donnent aucun détail sur le montage financier.

La Bretagne n’est pas novice en la matière. En 1880, la compagnie française du télégraphe de Paris à New York posait le câble reliant Brest-Déolen à Porthcurno, en Grande-Bretagne. La ligne a fermé en 1962, avec la station qui l’accueillait.

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