Le grand retour du capteur d’empreintes digitales ne se fait pas sur un modèle d’entrée de gamme, mais sur l’appareil le plus ambitieux jamais lancé par Apple. Présenté le 9 septembre 2026 lors de la keynote « Surprise and Shine », l’iPhone Duo, premier smartphone pliable de la marque, abandonne purement et simplement Face ID. À la place : un capteur Touch ID logé dans le bouton d’alimentation, une technologie que la firme avait enterrée depuis près d’une décennie.

Pour atteindre l’épaisseur visée, Apple a abandonné Face ID au profit d’un capteur Touch ID intégré au bouton latéral, une solution qui facilite la prise en main de l’appareil selon l’entreprise. Le changement ne doit rien au hasard. Apple renonce à Face ID sur ce modèle et intègre un capteur d’empreinte dans le bouton latéral, un sacrifice imposé par les 5,2 mm d’épaisseur en position ouverte, le module TrueDepth étant trop volumineux pour ce format.

À retenir
  • L’iPhone Duo abandonne Face ID au profit d’un capteur Touch ID intégré au bouton latéral pour atteindre 5,2 mm d’épaisseur.
  • Le module TrueDepth de Face ID est trop volumineux pour un smartphone pliable, obligeant Apple à choisir entre la finesse et la reconnaissance faciale.
  • Touch ID réutilise l’architecture éprouvée depuis six ans sur les iPad, avec un capteur physique et non pas ultrasonique sous l’écran.
  • L’iPhone Duo démarre à 2 339 € et renonce aussi au téléobjectif et au bouton Action pour préserver l’épaisseur minimale.

Pourquoi le visage ne suffit plus

Face ID repose sur un ensemble de capteurs infrarouges et un projecteur de points qui cartographient le visage en relief. Sur un iPhone classique, cette technologie tient dans l’encoche ou le poinçon de l’écran sans poser de problème. Sur un pliable visant quelques millimètres d’épaisseur une fois ouvert, ce même module devient encombrant. Apple a dû choisir entre garder Face ID et renoncer à la finesse, ou l’inverse.

La firme a tranché en faveur du design. Bloomberg a rapporté qu’Apple était contrainte d’utiliser un capteur d’empreintes parce que le panneau avant du pliable était trop fin pour accueillir le module Face ID. Un choix technique, pas esthétique.

Ce compromis libère aussi de la place ailleurs sur l’appareil. Le module TrueDepth, trop volumineux, laisse la place à une solution qui rappelle les iPad Air, et le capteur latéral dégage l’espace nécessaire à une vraie première sur iPhone : une caméra dissimulée sous la dalle pliable, invisible à l’œil nu, sans encoche ni poinçon. Apple sacrifie la reconnaissance faciale pour offrir un écran totalement propre, sans la moindre découpe visible.

Touch ID revient de très loin

Le capteur d’empreintes digitales n’avait plus fait de retour majeur sur un iPhone depuis longtemps. Les iPhone sont dépourvus de Touch ID depuis l’iPhone X, si l’on excepte les iPhone SE plus abordables. Sur ce dernier modèle bon marché, le bouton principal physique intégrait encore la technologie, avant qu’elle ne disparaisse totalement du catalogue des smartphones de la marque.

Apple n’a toutefois jamais totalement enterré Touch ID. La technologie a déjà été intégrée au bouton d’alimentation de plusieurs iPad, à commencer par l’iPad Air 4 annoncé en septembre 2020. C’est précisément cette architecture, éprouvée depuis six ans sur les tablettes, qu’Apple recycle sur son premier pliable.

Un choix presque nostalgique, en somme.

Le procédé reste d’une simplicité redoutable comparé aux solutions concurrentes. Apple chercherait à minimiser l’épaisseur totale du châssis et à éviter toute bosse ou compromis structurel ; pour les mêmes raisons, la marque se serait aussi écartée des capteurs d’empreintes ultrasoniques sous l’écran, pourtant utilisés par certains concurrents Android. Pas de capteur invisible sous la dalle, donc, mais un bouton physique qu’on presse du pouce, à l’ancienne. L’analyste Ming-Chi Kuo avait vu juste des mois à l’avance, écartant systématiquement les rumeurs d’un capteur caché sous l’écran.

Une addition de sacrifices, pas seulement Face ID

Le retrait de la reconnaissance faciale n’est que la partie visible d’une longue liste de renoncements. Le bouton Caméra reste bien présent sur la tranche pour lancer l’application photo et déclencher la prise de vue, tandis que le bouton Action disparaît, alors que de nombreux utilisateurs s’en servent quotidiennement pour couper la sonnerie ou lancer une routine. Côté photo, l’appareil se contente aussi du strict nécessaire.

Le module photo dorsal aligne deux capteurs 48 Mpx, un Fusion grand-angle et un ultra grand-angle, mais fait l’impasse sur le téléobjectif pour préserver la finesse du terminal, alors que le Galaxy Z Fold8 fait le même compromis mais que le Fold8 Ultra et le Pixel 11 Pro Fold embarquent un téléobjectif dédié. Sur ce terrain précis, Apple part donc avec un train de retard face à certains rivaux Android déjà bien installés sur le segment du pliable.

Reste que l’appareil ne manque pas d’arguments techniques. L’iPhone Duo n’est pas dépourvu d’atouts : haut-parleurs stéréo pour un son spatial, USB-C compatible USB 3, certification IP68 et puce A20 Pro identique à celle des modèles Pro. À cela s’ajoutent un cadre en titane de grade 5 et un format 100 % eSIM, sans le moindre tiroir pour carte physique.

Le prix, lui, ne fait aucun compromis. Le tarif officiel démarre à 2 339 € pour la version 256 Go, et grimpe jusqu’à 3 839 € pour la version 2 To. Les précommandes ouvrent le 16 octobre 2026, pour une disponibilité fixée au 23 octobre.

Ironie du calendrier : c’est donc l’iPhone le plus cher de l’histoire de la marque qui renoue avec une technologie associée, pendant des années, aux modèles les plus économiques du catalogue. Face ID reste la norme sur l’iPhone 18 Pro et sur tous les modèles classiques vendus cette année. Le Touch ID version 2026 n’est pas un retour en arrière général, mais une réponse ponctuelle à une contrainte physique très précise : plier un écran sans plier les lois de la géométrie.

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