Quinze heures. C’est le nouveau quota mensuel accordé aux abonnés Xbox Game Pass Ultimate pour jouer en streaming, sans console, à partir de novembre. Réparties sur un mois de trente jours, cela représente à peine trente minutes de jeu par soir en moyenne. Pour quiconque a souscrit à la formule la plus chère du service en pensant miser sur le cloud gaming comme seule façon de jouer, la mauvaise surprise ne tarde pas : trois soirées de jeu suffisent largement à vider le compteur.
Microsoft annonce une évolution majeure du Xbox Cloud Gaming : à partir de novembre, le jeu en streaming ne sera plus illimité pour les abonnés Game Pass, chaque formule incluant désormais un quota mensuel d’heures. Jusqu’à présent, la promesse était simple : payer l’abonnement le plus onéreux du catalogue Xbox, et jouer autant qu’on le souhaite, où qu’on soit, sans jamais toucher à une manette de console. Jusqu’ici, les abonnés éligibles pouvaient jouer en streaming sans aucune limite. Ce temps est révolu.
À retenir
- Un abonnement premium qui ne tient plus ses promesses au-delà de quelques soirs
- Microsoft justifie cette limite par les coûts d’infrastructure, mais vise aussi à calibrer les usages massifs
- Les heures supplémentaires seront payantes, mais le tarif reste encore secret
Un quota qui change tout pour les joueurs 100 % cloud
Les nouveaux quotas mensuels seront de 15 heures pour Game Pass Ultimate, de 10 heures pour Game Pass Premium et de 5 heures pour Game Pass Essentiel. Sur le papier, la formule Ultimate reste la plus généreuse. Dans les faits, elle reste dérisoire pour qui a fait du cloud son unique salon de jeu. Même avec le Xbox Game Pass Ultimate, il faudra se contenter de 15 heures de Cloud Gaming par mois, ce qui représente seulement 30 minutes de Cloud Gaming par jour en moyenne sur un mois de 30 jours. Autant dire qu’une session un peu longue un vendredi soir, suivie d’une autre le samedi et d’une troisième le dimanche, peut épuiser l’intégralité du forfait avant même d’arriver au milieu du mois.
La limite n’est heureusement pas quotidienne. Il ne s’agit pas d’une limite quotidienne, rien n’empêche de jouer plusieurs heures d’affilée, mais une fois les 15 heures consommées, le quota pour le mois est épuisé. Pour un joueur occasionnel qui dépanne une partie sur son téléphone entre deux réunions, le forfait tient largement la route. Mais la situation est très différente pour celui qui utilise le Xbox Cloud Gaming comme véritable alternative à une console : avec le Game Pass Ultimate, 15 heures par mois représentent seulement 30 minutes de jeu par jour en moyenne, une limite qui peut être rapidement atteinte dès lors que le cloud devient son principal moyen de jouer. C’est exactement le profil visé par notre histoire de novembre : quelqu’un qui a délibérément choisi de se passer de console, et qui découvre que l’abonnement premium ne tient pas cette promesse au-delà de quelques soirées.
Pourquoi Microsoft ferme le robinet
La justification tient en une phrase : le streaming coûte cher, et ce coût grimpe avec le succès du service. Microsoft explique que le coût du cloud gaming augmente avec le nombre d’utilisateurs et la durée de jeu, et que le passage à un modèle limité permettrait de maintenir la viabilité du service, tout en poursuivant les investissements dans sa fiabilité et ses performances. l’infrastructure de serveurs qui fait tourner des jeux gourmands à distance, en streamant l’image en temps réel vers un téléphone ou une télévision, a un prix que Microsoft ne veut plus absorber sans limite.
L’entreprise minimise l’impact sur le plus grand nombre. Xbox reconnaît que ce changement est significatif, mais estime qu’il ne concernera qu’environ 4 % des abonnés. Un chiffre à relativiser : ces 4 % correspondent précisément aux utilisateurs les plus assidus du cloud, ceux qui avaient justifié le choix de l’offre la plus chère par l’absence de console. Le contexte plus large ne joue pas non plus en faveur d’une lecture purement technique de la décision. Officieusement, cette décision intervient après plusieurs hausses du prix des consoles et seulement quelques jours après les débuts du programme Xbox Disc to Digital, un contexte qui n’est donc pas anodin et dans lequel Microsoft anticipe sûrement un recours plus massif au jeu en streaming. Difficile de ne pas y voir une tentative de calibrer les usages avant qu’ils ne deviennent trop coûteux à grande échelle, plutôt qu’une simple mesure technique isolée.
Des heures en plus, mais à quel prix ?
Microsoft ne ferme pas complètement la porte une fois le quota épuisé. Une fois les heures épuisées, les joueurs pourront acheter du temps supplémentaire via le Microsoft Store, les tarifs et modalités devant être communiqués avant l’entrée en vigueur du nouveau modèle. Reste que personne ne connaît aujourd’hui le montant de cette rallonge, ni si elle restera raisonnable pour un usage régulier. Le prix de ces heures n’a pas encore été communiqué, Microsoft précisant seulement que les tarifs pourront varier selon les marchés. Une inconnue qui pèse lourd pour quiconque budgétise son loisir gaming mois par mois.
Le service évolue aussi dans l’autre sens, en s’ouvrant à un public qui n’a justement pas envie de payer un abonnement complet. À partir de novembre, Xbox proposera également une nouvelle option : les joueurs pourront acheter des heures de cloud gaming sans abonnement Game Pass, et jouer en streaming aux jeux compatibles qu’ils possèdent déjà, une formule qui vise les utilisateurs occasionnels ou ceux qui ne souhaitent pas souscrire un abonnement. Une logique que Nvidia applique déjà de son côté avec GeForce Now, où le service est strictement du cloud gaming : les abonnés louent un accès aux serveurs de l’entreprise, mais ne peuvent en profiter qu’avec les jeux qu’ils possèdent déjà. À titre de comparaison sur les tarifs actuels, GeForce Now Ultimate coûte 21,99 €/mois contre environ 20,99 €/mois pour Xbox Cloud Gaming via Game Pass Ultimate, mais les deux services proposent des modèles très différents entre jeux possédés et catalogue inclus.
Reste une question que personne n’a encore posée publiquement : que se passe-t-il pour ceux qui, comme dans cette anecdote de novembre, ont déjà investi dans du matériel pensé pour le cloud, écran ou manette compatible, en misant sur l’illimité comme argument de vente ? Le contrat implicite change en cours de route, et l’abonnement le plus cher du marché ne garantit plus, à lui seul, une soirée de jeu sans compter les minutes.
Sources : justgeek.fr | justjeuxvideo.com
