Un jeu de disque, une jaquette, une étagère qui se remplit années après années : ce rituel touche à sa fin sur PlayStation. Sony a confirmé que la production de disques physiques pour tous les nouveaux jeux sortant sur consoles PlayStation sera interrompue à partir de janvier 2028. Concrètement, après cette date, les nouveaux jeux seront uniquement disponibles sur le PlayStation Store ou auprès de revendeurs au format numérique.
- Sony arrête la production de disques pour les nouveaux jeux PlayStation à partir de janvier 2028
- Les jeux seront vendus uniquement en format numérique via le PlayStation Store ou des codes de téléchargement
- Le numérique représente 82 % des ventes de jeux PS4 et PS5, justifiant cette décision stratégique
- La communauté des joueurs proteste via le mouvement « PS Blackout » par crainte de perdre la propriété des jeux
Une annonce officielle, publiée sans détour
L’information n’a rien d’une fuite ni d’une rumeur mal interprétée. Elle vient directement du blog officiel de la marque, publié le 1er juillet 2026. Sony y justifie sa décision par un constat simple : la préférence générale pour les médias numériques dépasse de loin celle pour les disques physiques, et cette transition permettra de mieux aligner l’entreprise avec la façon préférée de sa communauté d’accéder aux jeux.
Rien ne change pour les jeux déjà sortis. C’est le point que Sony martèle dans sa communication.
Cette transition n’a pas d’impact sur les jeux déjà sortis ou qui continueront de sortir au format disque avant janvier 2028. votre collection actuelle reste intacte, et les studios peuvent encore presser des disques jusqu’à la date fatidique. Signe que la mesure devient tangible : selon plusieurs signalements repris par la presse spécialisée, des boîtes de PS5 avec lecteur récemment mises en circulation en Europe affichent désormais un avertissement informant les acheteurs qu’à partir de janvier 2028, les nouveaux jeux PlayStation seront commercialisés uniquement sous forme numérique.
Le chiffre qui explique tout
Sony n’a pas pris cette décision au hasard. La directrice financière du groupe, Lin Tao, a détaillé le raisonnement lors d’une présentation de résultats : sur le trimestre clos fin juin, 82 % des jeux PS4 et PS5 vendus l’ont été en dématérialisé. Le physique ne représente donc plus qu’une part marginale des ventes.
Mais le détail est plus subtil qu’il n’y paraît. Ce même ratio était de 83 % un an plus tôt : le numérique a en réalité perdu un point sur douze mois. Une nuance rarement mentionnée, qui montre que la bascule vers le tout-numérique n’est pas aussi linéaire que le discours officiel le laisse entendre.
Le contexte industriel pousse pourtant dans le même sens. En juin 2026, Rockstar Games a annoncé que la boîte de Grand Theft Auto 6, sortie en novembre, contiendrait un code de téléchargement à sa sortie, donc sans disque. Un signal fort pour l’un des jeux les plus attendus de la décennie, qui a alimenté la polémique bien avant l’annonce de Sony.
Ce n’est pas non plus la première offensive du constructeur contre le disque. En 2020, Sony avait déjà initié un premier mouvement vers la dématérialisation lorsqu’il avait lancé une version de sa PlayStation 5 dépourvue de lecteur de disque. Six ans plus tard, l’entreprise franchit une étape supplémentaire en généralisant le principe à l’ensemble du catalogue à venir.
Ce qui attend réellement les joueurs
Pour l’instant, personne ne sait à quoi ressemblera concrètement l’achat en magasin après janvier 2028. Le format retenu reste flou : le groupe ne précise pas encore le format retenu, carte de téléchargement, code en boîte ou autre solution équivalente. Une chose est sûre : les enseignes physiques ne disparaissent pas du circuit, elles vendront simplement autre chose que des galettes.
La réaction des consommateurs a été immédiate, et paradoxale. La demande pour le lecteur de disque amovible, compatible avec la PS5 Digital Edition et la PS5 Pro, a explosé. Face à cet afflux, Sony a limité les ventes du lecteur de disque amovible à une unité par commande, espérant freiner la revente et garantir que plus de joueurs puissent obtenir l’appareil. Cet accessoire, vendu 79 dollars aux États-Unis, permet notamment de lire les Blu-ray Ultra HD 4K.
Une partie de la communauté ne s’est pas contentée de courir en magasin. Un mouvement de contestation, baptisé « PS Blackout », a vu le jour. Ce mouvement, prévu à partir du 23 août 2026, prévoit que certains joueurs éteignent leur console et suspendent leurs achats numériques afin de protester contre la disparition progressive du format physique. Derrière la mobilisation, une inquiétude bien réelle sur la propriété des jeux et la dépendance aux serveurs de Sony.
La question de la prochaine génération de console plane aussi sur cette annonce. Selon le cabinet d’analyse Ampere, la PlayStation 6 pourrait être lancée fin 2028, soit quelques mois seulement après l’arrêt programmé des nouvelles sorties sur disque. De quoi nourrir les spéculations sur l’architecture de cette future machine : intégrera-t-elle encore un lecteur, même optionnel, ou Sony assumera-t-elle pour la première fois une console pensée dès le départ sans aucun support physique ?
Une transition qui ne concerne pas que les jeux
Le mouvement dépasse le seul cas des nouveautés. Sony ferme aussi progressivement les portes de ses anciennes boutiques numériques. Les fermetures du Store PS3 débuteront dans certains marchés en août 2026, puis les boutiques PS3 et PS Vita fermeront dans tous les autres pays en juillet 2027. Un calendrier qui confirme la logique d’ensemble : le groupe japonais réorganise toute sa distribution autour du tout-numérique, plateforme après plateforme.
Reste un détail qui a semé la confusion ces dernières semaines. Une note interne de Sony DADC, la filiale qui fabrique les disques pour l’ensemble des éditeurs du marché et pas seulement pour Sony Interactive Entertainment, a été mal interprétée par certains observateurs comme une annonce de fin totale de la production physique sur PlayStation. Sony DADC est une entité globale qui fabrique des disques pour tous les éditeurs, pas seulement Sony Interactive Entertainment, une nuance qui a été cruciale pour rectifier le tir. L’annonce officielle du 1er juillet 2026, elle, reste bien confirmée : ce sont les nouveaux jeux PlayStation qui abandonneront le disque, pas la fabrication de disques en général pour d’autres consoles ou d’autres marchés.
Sources : blog.fr.playstation.com | pausehardware.com

