Le chiffre est tombé cette semaine au détour d’une fuite technique, et il a suffi à calmer mon enthousiasme. 540p. C’est la résolution de rendu interne annoncée pour Project Canis, le futur portable PlayStation, une fois débranché de sa station d’accueil. Après des années à espérer une vraie machine nomade signée Sony, ce genre de détail rappelle vite qu’on ne joue pas encore en 2027.

À retenir
  • Project Canis atteint 10-11 TFLOPS en mode portable grâce au suréchantillonnage PSSR 3.0, surpassant la PS5 de base
  • La puce AMD gravée en 3 nanomètres offre un bond générationnel face à Steam Deck et Switch 2
  • Les jeux tourneront nativement en 540p avant upscaling vers 1080p, sans dépendre du streaming réseau

Un chipset ambitieux, un compromis assumé

Sur le papier, la fiche technique impressionne. Le hardware repose sur un processeur AMD Canis personnalisé gravé en 3 nanomètres, combinant six cœurs Zen 6 (quatre Zen 6c et deux Zen 6 LP basse consommation), 24 Go de RAM LPDDR5X unifiée sur un bus 192 bits, avec une enveloppe thermique limitée entre 15 et 25 watts. Côté graphisme, la puce embarque 16 unités de calcul RDNA 5 avec support du Dual-Issue FP32. De quoi rivaliser, en théorie, avec des machines bien plus gourmandes en énergie.

Mais ces watts limités imposent leur loi dès qu’on débranche le câble. En mode portable, la puce tournerait à 1,2 GHz pour 4,91 TFLOPS de calcul, contre 1,65 GHz et un pic à 6,75 TFLOPS une fois posée sur son dock. Sur le papier brut, cela place Project Canis bien en dessous des 16,7 TFLOPS de la PS5 Pro.

Des chiffres modestes, donc, avant tout artifice logiciel.

540p en interne, 1080p affiché : le pari de l’intelligence artificielle

C’est là que la technologie maison de Sony entre en scène. Selon la fuite, la machine rendrait les jeux en interne à 540p en mode portable, avant d’utiliser PSSR 3.0 pour suréchantillonner l’image vers l’écran natif en 1080p. Cette nouvelle mouture succède à PSSR 2.0, déjà déployée sur PS5 Pro, et miserait cette fois sur des blocs matériels dédiés au calcul neuronal pour générer des images intermédiaires.

L’astuce change radicalement la perception des performances. Grâce à PSSR 3.0, GameGPU estime une performance effective de 10 à 11 TFLOPS en mode portable et environ 14 TFLOPS en mode docké, des chiffres qui placeraient Project Canis devant la PS5 de base et ses 10,28 TFLOPS, tout en se rapprochant de la PS5 Pro. La comparaison vaut aussi face à la concurrence directe sur le segment nomade. Un ancien commentaire de l’informateur Kepler_L2 affirmait déjà que Project Canis dépasserait la Xbox Series S, plafonnée autour de 4 TFLOPS, en rastérisation, avec un écart encore plus marqué en ray tracing. Le rendu natif reste bas, mais l’image finale pourrait tromper l’œil.

Sur le papier, l’écart se referme presque entièrement.

Faut-il vraiment croire ce leak ?

La prudence reste de mise avant de graver ces chiffres dans le marbre. GameGPU, la source de cette fuite, n’a pas le même historique de fiabilité que des informateurs plus établis comme Kepler_L2 ou Moore’s Law Is Dead, ce qui invite à traiter ces spécifications avec des pincettes.

Le calendrier annoncé n’aide pas franchement à s’y retrouver. GameGPU vise une sortie fin 2027 pour Project Canis, sans que l’on sache clairement si cette échéance est liée au lancement de la PlayStation 6 elle-même, que d’autres rumeurs situent bien au-delà de 2027. la console de salon et sa déclinaison portable pourraient très bien ne pas arriver en même temps. Côté prix, les estimations de l’analyste MLID situent l’appareil entre 399 et 499 dollars, Sony visant une parité tarifaire avec la Nintendo Switch 2, vendue 449,99 dollars aux États-Unis.

Le choix de la gravure fine reste l’argument technique le plus solide de ce dossier. Face à la Steam Deck et son AMD gravé en 7 nanomètres, ou à la Switch 2 et sa puce Nvidia en 8 nanomètres, les 3 nanomètres de Project Canis représentent un bond générationnel complet.

Une portable qui fait tourner de vrais jeux PS5, sans streaming

Contrairement à ce que propose la PlayStation Portal depuis son lancement, cette machine ne se contenterait pas d’afficher un flux vidéo distant. L’appareil devrait faire tourner les jeux localement plutôt que de les diffuser en streaming via le réseau, un changement de philosophie complet par rapport à l’accessoire actuel. Des documents AMD ayant fuité indiquent que ce portable PS6 ferait tourner nativement les bibliothèques PS4 et PS5. Reste à savoir combien de titres récents accepteront de tourner correctement sous une contrainte de 540p natif.

Sony ne cache d’ailleurs plus son intention de sortir du salon. Le président de SIE, Hideaki Nishino, a évoqué la création d’expériences de jeu flexibles, adaptées aux modes de vie changeants des joueurs, une déclaration qui colle parfaitement à une stratégie de console compagnon portable. Reste à voir si l’écran, potentiellement hérité du panneau 8 pouces de la Portal selon Digital Foundry, suffira à faire oublier ce 540p natif une fois la manette bien en main.

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