Kasumi est une application gratuite qui diffuse des jeux PC via GeForce Now sur la New Nintendo 3DS, en 960 x 540 pixels et à 30 images par seconde. Elle a été créée par p0mpurin et se télécharge sur GitHub. Le projet est présenté comme un client non officiel, sans lien avec NVIDIA.
Trois modèles seulement sont compatibles : la New 3DS, la New 3DS XL et la New 2DS XL.
- L’application Kasumi diffuse gratuitement des jeux PC sur New 3DS, New 3DS XL et New 2DS XL.
- Le flux tourne à 960 x 540 pixels et 30 images par seconde, avec une latence de 60 à 80 ms.
- Le débit est plafonné à environ 1 Mbit/s par le Wi-Fi de la console, et l’installation exige une console déjà modifiée.
Un décodeur vidéo matériel fait tout le travail
Le principe est celui de tout le cloud gaming : le jeu tourne sur les serveurs de NVIDIA, tandis que la 3DS décode la vidéo, lit le son et renvoie les commandes. La console n’exécute donc aucun jeu PC. Elle affiche un flux vidéo, comme elle le ferait avec un film.
Cette astuce n’est possible que sur les modèles « New », car leur matériel révisé intègre un véritable décodeur vidéo. Les 3DS et 2DS d’origine en sont dépourvues, et aucun logiciel n’y changera rien. Les vieilles consoles de 2011 restent sur la touche.
Côté catalogue, rien n’est bridé par Kasumi. Tout jeu disponible sur GeForce Now peut en théorie être lancé, y compris ceux achetés sur Steam, Epic ou Ubisoft Connect, à condition de lier ces boutiques à son compte NVIDIA. Les technologies maison, DLSS, génération d’images et Reflex, restent actives côté serveur.
La résolution de 960 x 540, souvent appelée 540p, dépasse celle de l’écran supérieur de la console. Ce dernier affiche au mieux 800 pixels de large en mode « large », ce qui explique l’option de zoom du client, avec des zones mémorisées pour chaque jeu. Sur un écran de cette taille, le texte minuscule de certains jeux PC devient vite illisible sans cet outil.
1 Mbit/s : le plafond imposé par le Wi-Fi de la console
Le vrai goulot d’étranglement, c’est la puce Wi-Fi. Le développeur a plafonné le débit à environ 1 Mbit/s et les images à 30 par seconde, puisque la 3DS a été conçue pour de la vidéo à cette cadence. Son adaptateur 2,4 GHz commence à perdre des paquets au-delà de 1,2 Mbit/s.
Pour situer : une vidéo en streaming classique en HD consomme plusieurs fois ce débit, et le service de NVIDIA est habituellement utilisé avec bien plus. Kasumi fait donc tenir un jeu entier dans la bande passante d’une visioconférence très modeste.
La latence mesurée par le modder se situe entre 60 et 80 ms.
Pour amortir les caprices du réseau, l’application garde en réserve une ou deux images, au prix d’un léger retard supplémentaire. Le ping et la fréquence d’images s’affichent en direct, ce qui permet de juger sur le moment si la connexion tient. Un jeu de plateforme ou de rôle s’en accommodera ; un jeu de tir compétitif beaucoup moins.
Installation, commandes et ce qu’il faut déjà posséder
Kasumi n’est pas une application du eShop. Elle demande une console déjà modifiée (« jailbreakée »), puisque l’app s’installe sur les portables 3DS débloqués. Si votre console est encore en firmware d’origine, il faudra d’abord passer par cette étape, avec les risques habituels pour la garantie et les données.
Ensuite, deux options : un paquet CIA installé via FBI, ou un lancement en application homebrew .3dsx. Le projet est publié sous licence GPL-3.0, donc son code est consultable et modifiable. Des mises à jour automatiques sont intégrées directement dans la console, un confort rare dans le homebrew.
Les commandes ont été pensées pour la machine. Le client propose une disposition de manette de type PlayStation, des appuis tactiles pour L3, R3 et PS, et une visée au gyroscope en option. Les boutons peuvent être configurés jeu par jeu. Pour le texte et les menus des lanceurs, l’écran tactile et le clavier virtuel servent, mais pas pour jouer.
Un point à vérifier avant de se lancer : les jeux qui exigent exclusivement la souris et le clavier risquent d’être injouables. La console est reconnue comme une manette standard, et Steam Input compense parfois l’absence de prise en charge native. Un jeu de stratégie en temps réel, lui, restera hors de portée.
Un hub plus large que prévu, une bêta à manier avec recul
Le dépôt GitHub décrit désormais Kasumi comme un hub à trois entrées. À GeForce Now s’ajoutent Xbox Cloud Gaming en bêta, avec les jeux Game Pass, et Steam Link pour streamer les jeux de son propre PC sur le Wi-Fi domestique. Chaque service est représenté par une carte illustrée, dans une ambiance inspirée du Japon. Le nom lui-même, 霞, signifie « brume ».
Plusieurs médias spécialisés rapportent aussi une compatibilité avec l’offre gratuite de NVIDIA, ce qui rend l’essai quasi sans coût. Cette offre gratuite impose toutefois des sessions limitées dans le temps et d’éventuelles files d’attente aux heures de pointe, des contraintes propres au service et non à l’application.
Soyons honnêtes sur l’usage. Jouer à un titre moderne sur un écran de 4,88 pouces, avec 1 Mbit/s et un décalage d’environ 70 ms, tient de la démonstration technique plus que du confort quotidien. Mais l’exploit est réel, et il prolonge la vie d’une console que Nintendo a cessé de fabriquer en 2020.
Les consoles New 3DS ne sont pas les premières à recevoir ce traitement : Kasumi s’appuie sur la famille de clients OpenNOW, notamment pour Switch et PS Vita, et s’est inspiré de Moonlight-N3DS pour le décodage et le zoom. Le projet est donc le fruit d’un travail collectif de la scène homebrew, et ses prochaines versions suivront probablement le même chemin.
Sources : github.com | videocardz.com

