Au 20 octobre 2026, le réseau mobile 2G Orange sera totalement arrêté sur le territoire métropolitain, Corse comprise. Les smartphones récents n’y verront rien. Les téléalarmes d’ascenseurs, les transmetteurs d’alarme et les boîtiers de téléassistance équipés d’une seule carte SIM 2G deviendront muets, et personne ne sera prévenu.

Le voyant, lui, peut rester allumé normalement.

À retenir
  • La 2G Orange s’arrête totalement sur le territoire métropolitain le 20 octobre 2026.
  • Les téléalarmes d’ascenseur et boîtiers de téléassistance en 2G ne transmettent plus rien après la coupure.
  • Un téléphone affichant uniquement 2G, E, EDGE ou GSM sera inutilisable à partir de cette date.

Un calendrier en vagues, avec une dernière marche le 20 octobre

Orange n’a pas tout coupé d’un coup. Le chantier a commencé le 31 mars 2026 dans l’agglomération de Bayonne-Anglet-Biarritz, avant de gagner les Landes et les Pyrénées-Atlantiques le 12 mai, puis sept départements d’Occitanie le 9 juin. La généralisation a repris à Nice le 22 septembre, puis dans 44 départements le 6 octobre. Reste la dernière vague, celle du 20 octobre, qui touche les 43 départements restants, dont la Gironde, la Charente-Maritime et le Puy-de-Dôme.

Les zones blanches réglementaires font exception : les clients Orange n’y auront plus accès à la 2G entre le 1er et le 15 décembre 2026. À Mayotte, la 2G s’arrêtera fin 2026.

Les autres opérateurs suivent. SFR coupe sa 2G le 15 novembre 2026, Bouygues Telecom entre le 15 novembre et le 15 décembre selon la commune. Free est soumis au calendrier d’Orange, car 100 % de son trafic 2G passe par le réseau d’Orange, faute de licence 2G propre.

Côté téléphones, le stock résiduel fond mais reste réel. Fin mars 2026, l’observatoire trimestriel de l’Arcep comptait encore 4,5 millions de cartes SIM françaises fonctionnant uniquement en 2G ou en 3G/2G. Fin juin 2026, 1,06 million de cartes restaient limitées à la 2G, soit un peu plus que la population de Marseille. Il s’agit surtout de vieux mobiles à touches gardés pendant des années, mais ces chiffres ne disent rien des cartes SIM enfouies dans des boîtiers techniques.

Ascenseurs et alarmes : une panne qui ne prévient pas

Un ascenseur continue de monter et de descendre avec une téléalarme morte. Le problème n’apparaît que le jour où quelqu’un reste coincé dans la cabine. Le bouton d’appel ne mène alors nulle part.

Le risque est aussi réglementaire. Quand les appels échouent, la sécurité des passagers et la conformité à la norme EN 81-28 sont en jeu, cette norme fixant les exigences des alarmes à distance pour ascenseurs. Un comparateur évoque 232 000 systèmes de téléalarme en 2G et 58 000 en 3G à remplacer, soit près de la moitié du parc français d’ascenseurs. Le chiffre est un ordre de grandeur plus qu’un recensement officiel, mais il donne l’ampleur du chantier.

Les alarmes anti-intrusion et la télésurveillance fonctionnent sur le même principe. Les transmetteurs d’alarme, les boîtiers de téléassistance et les téléalarmes d’ascenseur passent l’essentiel de leur existence sans rien émettre. Seul un test de transmission périodique permet de savoir si le canal fonctionne encore.

Un amendement déposé à l’Assemblée nationale avançait le chiffre de 7,8 millions d’équipements de sécurité et de santé concernés.

Le frein se situe souvent dans les copropriétés. Les auteurs de cet amendement citaient les délais d’approbation des syndicats de copropriétaires, auxquels s’ajoute une tension sur les métiers spécialisés. Un autre amendement proposait d’obliger le syndic à informer les copropriétaires, puis à convoquer une assemblée générale si aucune action n’a été entreprise en trente jours. Remplacer une téléalarme suppose donc de réunir un vote, un devis et un technicien avant la coupure, et le calendrier est serré.

Les ascenseurs ne sont pas seuls en cause. Orange cite aussi les terminaux de paiement, les portails et automatismes, les compteurs et capteurs, ainsi que la géolocalisation de véhicules. Dans les copropriétés, l’Arcep mentionne encore certains interphones et le pilotage à distance du chauffage.

Que vérifier avant mardi

Il reste sept jours.

Pour un téléphone, le test prend dix secondes. Les mentions 2G, E, EDGE ou GSM en haut de l’écran signalent un appareil qui ne fonctionne qu’en 2G. Si les réglages proposent la 3G, la 4G ou la 5G, l’appareil survivra à la coupure. Attention toutefois aux mobiles 4G sans VoLTE, qui gardent la data mais perdent les appels. Le même contrôle vaut pour le téléphone d’un parent âgé, souvent oublié dans un tiroir.

Pour une alarme ou la téléassistance d’un proche, la démarche passe par le prestataire. Il faut lui demander par quelle technologie le transmetteur communique, et exiger une réponse écrite mentionnant la 4G ou une liaison filaire. Les syndics peuvent réclamer à l’ascensoriste la liste des téléalarmes de l’immeuble, avec la technologie de chacune.

Le budget reste à la charge de l’utilisateur. La fin de la 2G ne donne droit à aucun téléphone gratuit, ces arrêts étant des choix d’opérateurs qu’aucune loi n’impose. Orange propose en boutique un bonus de reprise de 50 euros contre l’ancien mobile, valable sur une sélection de téléphones, sans date limite publiée.

La 3G suit le même chemin. Orange l’arrêtera en 2028 en France métropolitaine comme dans les Outre-Mer. Un équipement posé aujourd’hui en 4G devra peut-être être remplacé dans moins de deux ans.

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