Chez Xpeng, chaque main du robot humanoïde Iron déploie 21 degrés de liberté indépendants, soit presque autant que les 27 degrés de liberté d’une main humaine, capable de fine sensibilité tactile et de contrôle de force précis. Associé aux 76 degrés de liberté au niveau du corps, ce niveau de dextérité a immédiatement retenu l’attention des ingénieurs américains. Dans la course aux humanoïdes, la main reste considérée comme le dernier verrou technique avant tout usage industriel réel, celui qui sépare un prototype de démonstration d’une machine réellement utile en usine.

À retenir
  • Chaque main d’Iron dispose de 21 degrés de liberté, rivalisant avec la dextérité naturelle humaine et surpassant les concurrents occidentaux.
  • Xpeng a lancé la production de masse d’Iron le 8 septembre avec une chaîne automatisée à Guangzhou fonctionnant selon les standards des véhicules électriques.
  • Washington a interdit l’importation de robots humanoïdes étrangers en juillet 2026, citant des risques de cybersécurité liés aux infrastructures critiques américaines.

Une ligne de production qui sort déjà des humanoïdes qui marchent

Le constructeur chinois XPeng a officiellement lancé la production de son robot humanoïde IRON le 8 septembre, avec un premier exemplaire sorti de manière autonome de la chaîne d’assemblage de Guangzhou. Cette ligne automatise plus de 80 % des processus critiques de fabrication, en s’appuyant sur les standards qualité déjà appliqués aux véhicules électriques du groupe.

He Xiaopeng lui a même épinglé un badge d’employé devant les caméras.

Le cerveau de la machine repose sur trois puces IA Turing développées en interne par XPeng, capables d’atteindre une puissance de calcul cumulée de 2 250 TOPS. Cette architecture permet au modèle d’intelligence physique de XPeng de tourner directement sur le robot, autorisant une exécution autonome des tâches sans téléopération. L’entreprise vise une production de masse d’ici la fin de l’année 2026. Les premières livraisons commerciales, en Chine puis à l’international, sont annoncées pour 2027.

Optimus regardé dans le rétroviseur

Le parallèle avec Tesla Optimus est inévitable, même s’il reste asymétrique pour l’instant. Pendant qu’Elon Musk reconnaissait début 2026 qu’aucun de ses robots Optimus n’effectuait encore de travail utile et que la production serait lente à démarrer, XPeng mettait déjà sa ligne en service. La production d’Optimus n’a débuté qu’en août 2026, sur l’ancienne chaîne des Model S et Model X de l’usine de Fremont.

Optimus, la machine rivale de Tesla, revendique 22 degrés de liberté par main.

XPeng n’est d’ailleurs pas seul sur ce terrain. Certains concurrents chinois vont encore plus loin : la start-up Linkerbot revendique une main de recherche affichant 42 degrés de liberté, contre 26 pour la Shadow Hand, longtemps considérée comme la référence du secteur.

Washington ferme la porte aux humanoïdes venus de Chine

Cette avance technique n’est pas passée inaperçue à Washington. En juillet 2026, l’administration Trump a interdit l’importation de nouveaux robots humanoïdes et quadrupèdes fabriqués à l’étranger, invoquant des risques jugés inacceptables pour la sécurité nationale. La Federal Communications Commission a justifié sa décision en expliquant que ces appareils pourraient créer des vulnérabilités dans les chaînes d’approvisionnement, susceptibles de générer des risques de cybersécurité pour les infrastructures critiques américaines. Cette détermination de sécurité nationale a été établie par un organisme interagences convoqué par la Maison-Blanche, qui redoutait des risques liés aux données personnelles et à la connectivité de ces machines.

Pékin n’a pas tardé à répliquer. Le ministère chinois du Commerce a estimé que cette escalade de restrictions endommageait gravement la stabilité économique et commerciale entre les deux pays, tout en menaçant de mesures de rétorsion si Washington ne revenait pas sur sa décision.

Le chiffre qu’il faut relativiser

Certains observateurs notent une baisse : 82 degrés annoncés en novembre, 76 aujourd’hui.

Cette évolution, relevée lors de la présentation de la ligne de production, invite à nuancer la course aux chiffres. Un constructeur de mains dextres chinois le résume sans détour : avoir plus de degrés de liberté ne garantit pas automatiquement une meilleure machine, la vraie question étant la fiabilité d’un geste répété plutôt que la simple imitation du mouvement humain. Avant même l’ouverture de sa nouvelle ligne, la génération précédente d’Iron avait déjà trouvé son premier débouché industriel : le sidérurgiste chinois Baosteel, qui prévoit d’utiliser le robot pour des missions d’inspection dans des environnements industriels compliqués.

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