Un chiffre à donner le vertige : jusqu’à 145 milliards de dollars de dépenses d’investissement prévues pour 2026. Meta plans to spend up to $145 billion in capital expenditure in 2026, a roughly 101% jump from the $72.2 billion it spent just one year earlier, selon les derniers chiffres communiqués par le groupe. Mais la vraie information n’est pas dans le montant. Elle est dans sa destination, et Mark Zuckerberg le répète depuis des mois sans que le message passe vraiment auprès du grand public.
Tout le monde imagine ces milliards absorbés par des laboratoires secrets qui peaufinent des chatbots ou fabriquent la fameuse « superintelligence » dont parle le patron de Meta. C’est en partie vrai. Mais ce n’est pas la priorité annoncée par l’entreprise elle-même. Lors du dernier point trimestriel, Zuckerberg a été limpide sur la ventilation de ce budget colossal. “We expect that a significant portion of our compute is going to go towards training our models, growing our core business and delivering personal agents and new products, but we also expect to grow a large business serving large customers as well.” Trois mots reviennent : « core business ». l’activité publicitaire qui fait vivre Facebook et Instagram depuis vingt ans.
- Meta destine sa puissance de calcul en priorité à l’amélioration du ciblage publicitaire, pas aux futurs produits IA
- Zuckerberg refuse de vendre la capacité informatique excédentaire malgré des offres lucratives pour préserver sa stratégie long terme
- Meta dépense plus en investissements que tous les budgets militaires mondiaux sauf les États-Unis, la Chine et la Russie
Le calcul va d’abord nourrir le moteur publicitaire
Cette précision change la lecture qu’on peut faire de l’explosion des dépenses. La directrice financière Susan Li a été tout aussi directe sur le sujet lors d’un précédent appel avec les analystes. Meta finance chief Susan Li told analysts that the company continues to be “capacity constrained,” meaning it needs more computing power to further improve its core ad business while also providing its AI team the necessary resources to create more advanced models and products. La puissance de calcul supplémentaire sert donc d’abord à améliorer le ciblage publicitaire, avant de nourrir les grands modèles de langage grand public.
Zuckerberg est allé plus loin lors de la publication des résultats du premier trimestre 2026, en expliquant ce que cette puissance change concrètement dans le fonctionnement de la plateforme. “For the first time in Meta’s history, we’re going to be able to develop a first-principles understanding of what you care about and what each piece of content in our system is about,” a-t-il déclaré. Concrètement : le fil d’actualité et les publicités qui s’affichent sur les applications du groupe ne reposent plus seulement sur des corrélations statistiques entre profils d’utilisateurs, mais sur une compréhension plus fine du contenu lui-même. C’est moins spectaculaire qu’un assistant conversationnel. C’est aussi ce qui rapporte de l’argent aujourd’hui, pas dans cinq ans.
Le contraste est frappant avec la communication grand public de l’entreprise, focalisée sur les lunettes connectées, les agents personnels et la promesse d’une intelligence artificielle personnelle pour chacun. Meta forecast its capital expenditures could rise to as much as $135 billion this year, nearly double the $72 billion it reported in 2025, as it unveiled its most radical AI spending plans to date, largely driven by increased investment in AI infrastructure costs and talent. L’infrastructure sert de socle commun à toutes ces ambitions, mais l’ordre de priorité affiché par les dirigeants place systématiquement l’activité publicitaire en tête.
Une entreprise sans cloud qui refuse de brader sa puissance
Il y a une singularité que peu de commentateurs relèvent. Meta est le seul des quatre grands hyperscalers américains à ne pas vendre de services cloud. Among the four major U.S. hyperscalers, Meta is the only one that doesn’t have a business selling cloud infrastructure and services even though its capital expenditures rival that of its peers. Amazon, Microsoft et Google monétisent une partie de leur puissance de calcul auprès d’entreprises tierces. Meta, non. Pas encore, du moins.
Des discussions sont pourtant en cours. As CNBC reported earlier this month, Anthropic is in preliminary talks to lease computing power from Meta. Zuckerberg a lui-même reconnu recevoir des propositions alléchantes pour louer sa capacité excédentaire. “We’re getting a lot of offers for compute at a significant premium over what we paid for it,” a-t-il confié lors d’un appel avec les investisseurs. Mais il refuse catégoriquement de céder l’intégralité de cette ressource au plus offrant.
Sa justification tient en une phrase, martelée à plusieurs reprises devant les analystes financiers qui s’impatientent. “It would be foolish to basically just sell all of the compute and take a short-term profit,” a-t-il tranché. Vendre du calcul aujourd’hui rapporterait un profit immédiat et visible. Le garder pour la publicité et les futurs produits internes rapporte moins vite, mais davantage sur la durée, selon le pari du fondateur.
Des chiffres qui dépassent l’entendement budgétaire
L’ampleur de la somme mérite d’être remise en perspective. Une analyse récente a comparé le budget d’investissement de Meta à celui des États. Meta plans to spend up to $145 billion in capital expenditure in 2026, more than every military budget except the U.S., China and Russia. Une seule entreprise, dont l’activité principale reste l’affichage de publicités dans un fil d’actualité, dépense plus qu’un budget de défense national. Voilà qui recadre l’ampleur du pari.
Cette frénésie de dépenses ne se limite pas aux puces et aux serveurs. Le groupe multiplie les chantiers de data centers géants, comme celui construit en partenariat avec BlackRock au Texas. On Tuesday, Meta announced a venture with BlackRock to create a $14 billion data center project in El Paso, Texas. Ces sites, une fois opérationnels, alimenteront en priorité les systèmes de recommandation publicitaire avant les futurs agents conversationnels grand public.
Les marchés financiers restent partagés face à cette stratégie. Le titre Meta a parfois chuté de plusieurs points après une annonce de hausse de budget, avant de se redresser dès que les résultats publicitaires confirmaient une croissance solide. La véritable question posée aux investisseurs n’est donc pas de savoir si Meta dépense trop pour l’IA. C’est de savoir combien de temps encore le cœur publicitaire du groupe pourra absorber cette facture sans que les utilisateurs, eux, ne voient la moindre différence dans leur fil d’actualité.
Sources : finance.yahoo.com | fortune.com | datacenterdynamics.com

