Le 30 août 2026, une page s’est tournée dans l’histoire de ChatGPT. Le DALL·E GPT, cette version dédiée à la génération d’images qui accompagnait les utilisateurs depuis les débuts des GPT personnalisés, a définitivement disparu de l’interface. OpenAI a retiré l’outil officiel DALL-E le 30 août 2026, et l’entreprise recommandait aux utilisateurs de télécharger les images qu’ils souhaitaient conserver avant cette échéance. Trois semaines. C’est le délai qu’a laissé OpenAI entre l’annonce et la coupure effective.
La nouvelle n’a rien d’anodin pour les millions d’utilisateurs qui ont expérimenté avec cet outil depuis son lancement. DALL·E, et plus particulièrement DALL·E 3, était le générateur d’images originel d’OpenAI, ajouté à ChatGPT en 2023 puis ouvert aux utilisateurs gratuits en 2024. Un outil marquant en son temps, mais dont la technologie a depuis été dépassée. Le grand public l’avait découvert bien avant, puisque OpenAI avait révélé l’existence de DALL-E en 2021, avant qu’une version bêta ne soit accessible au public courant 2022. Cinq ans plus tard, l’outil tire sa révérence.
À retenir
- Une porte d’entrée iconique vient de fermer : le GPT DALL·E autonome n’existe plus
- Vos images créées avant cette date pourraient rester bloquées dans l’historique sans solution de migration
- OpenAI a donné un délai de trois semaines seulement pour télécharger les créations avant la suppression
Ce qui disparaît vraiment (et ce qui reste)
Attention à ne pas tout confondre. OpenAI a supprimé le GPT DALL·E autonome, cette version personnalisée de ChatGPT conçue spécifiquement pour créer des images, l’un des tout premiers GPT introduits après le lancement des GPT personnalisés et qui restait disponible même après que des modèles d’image plus récents ont remplacé la technologie sous-jacente. Concrètement, c’est cette porte d’entrée spécifique, cette icône que l’on retrouvait dans la liste des GPT, qui n’existe plus.
Les autres usages, eux, survivent. Selon OpenAI, les GPT personnalisés dotés de la génération d’images continueront de fonctionner normalement : la retraite ne concerne que le GPT DALL·E officiel créé par OpenAI elle-même, ce qui signifie que pour la plupart des utilisateurs, les habitudes construites autour de GPT personnalisés n’auront pas à changer. Si vous générez vos images en tapant simplement une demande dans une conversation classique de ChatGPT, sans jamais ouvrir l’onglet DALL·E, ce changement ne modifiera rien à votre quotidien.
Ce retrait s’inscrit dans un vaste ménage de printemps (ou plutôt d’été) chez OpenAI. Il s’agit de l’un des nombreux produits qu’OpenAI a mis à l’arrêt ce mois-là dans sa consolidation autour de modèles et d’expériences plus récents : plus tôt dans l’année, l’entreprise avait retiré l’API DALL-E pour les développeurs au profit de nouveaux modèles de génération d’images, tandis que le modèle o3 quittait ChatGPT et que le navigateur expérimental ChatGPT Atlas était lui aussi abandonné, en plus du retrait de Sora 2. Côté développeurs, la messe était dite depuis longtemps : le 14 novembre 2025, OpenAI avait notifié les développeurs utilisant les instantanés du modèle DALL·E de leur dépréciation et de leur retrait de l’API au 12 mai 2026.
Pourquoi vos anciennes créations risquent de rester coincées
C’est le point le plus sensible pour les utilisateurs réguliers. Une image générée avec l’ancien DALL·E GPT n’est pas stockée dans un espace à part, façon galerie personnelle. Toute image créée avec le GPT DALL·E vit à l’intérieur de la conversation où elle a été générée ; quand ces conversations sont un jour supprimées, les images disparaissent avec elles. pas de migration automatique vers le nouvel outil, pas de dossier de sauvegarde qui se recrée tout seul.
OpenAI est resté flou sur le sort réservé à ces créations après la bascule. L’entreprise n’a pas précisé ce qu’il adviendrait des images restées dans le GPT DALL·E après son retrait, d’où la recommandation de télécharger celles que l’on souhaite conserver, sans garantie qu’elles resteront accessibles. Une prudence qui en dit long : quand une entreprise ne s’engage pas explicitement à préserver l’accès, mieux vaut agir avant plutôt qu’espérer après.
Pour récupérer ses créations, la marche à suivre reste simple. Il suffit d’ouvrir ChatGPT dans un navigateur ou l’application mobile, de se rendre dans la section Images, puis de sélectionner chaque cliché pour l’enregistrer localement ; la fonction de recherche remaniée de ChatGPT peut aider à retrouver des images issues de conversations plus anciennes. Un exercice fastidieux pour qui a accumulé des années d’expérimentations, mais bien plus rapide que de tout perdre.
ChatGPT Images, le nouvel horizon par défaut
La disparition du DALL·E GPT s’accompagne d’une promotion en règle de son remplaçant. ChatGPT Images prend le relais et reste disponible sur tous les niveaux d’abonnement, comptes gratuits inclus. Une bascule technique majeure se cache derrière ce changement d’interface : le remplaçant fonctionne sur les nouveaux modèles gpt-image-1 et gpt-image-1-mini d’OpenAI, introduits en novembre 2025, vers lesquels l’entreprise orientait progressivement les utilisateurs depuis décembre de la même année.
Les gains de qualité seraient tangibles. Les nouveaux modèles gèrent les descriptions de scènes complexes avec davantage de précision que leur prédécesseur, produisent des images avec moins d’artefacts visuels et comprennent mieux les requêtes compositionnelles, comme des conditions d’éclairage spécifiques ou des relations spatiales entre objets. Une version encore plus poussée existe pour les abonnés payants : la variante intégrant des étapes de raisonnement, qu’OpenAI appelle « Images with thinking », reste pour l’instant réservée aux offres Plus, Pro et Business, les versions Enterprise et Edu devant suivre.
Ce type de transition, aussi justifiée soit-elle techniquement, laisse toujours un goût amer chez une partie des utilisateurs. Des annonces de dépréciation brutales, avec un délai de préavis limité, ont tendance à éroder la confiance, en particulier chez les utilisateurs avancés et les développeurs qui construisent des flux de travail autour d’outils précis, chaque migration forcée devenant une opportunité pour la concurrence. Une aubaine, en somme, pour Midjourney, Google Gemini ou d’autres solutions d’images IA qui n’attendaient qu’un faux pas pour récupérer des utilisateurs fatigués de devoir réapprendre un outil tous les six mois.
Reste une question pratique que peu d’articles ont creusée : les modèles gpt-image-1 utilisés en interne par ChatGPT ne sont eux-mêmes pas gravés dans le marbre. OpenAI a notifié le 2 juin 2026 les développeurs utilisant les anciens modèles GPT Image de leur dépréciation et de leur retrait de l’API au 1er décembre 2026. ChatGPT Images d’aujourd’hui connaîtra probablement le même sort dans quelques mois. Le rythme des mises à jour dans l’IA générative ne laisse plus vraiment de place à la nostalgie technologique.
Sources : cryptobriefing.com | martincid.com
