Meta a présenté Muse Wonder le 12 octobre, avec une fonction qui garde le contexte d’un utilisateur sur des jours, des semaines, voire des mois. Elle s’appelle Active Memory. Le modèle retient préférences, projets en cours et demandes passées au lieu de repartir de zéro à chaque conversation.

Meta a lancé deux modèles le même jour : Muse Wonder et Muse Wonder Full.

À retenir
  • Active Memory retient préférences, projets en cours et demandes passées d’une conversation à l’autre.
  • Muse Wonder Full se classe deuxième ex aequo sur l’Intelligence Index d’Artificial Analysis, avec un score de 56.
  • Muse Wonder est vendu 4 dollars le million de jetons en entrée et 20 dollars en sortie via l’API.

Ce que fait Active Memory, concrètement

Meta la décrit comme la capacité de porter des informations importantes d’une conversation à l’autre et de retrouver celles qui servent à la tâche en cours. Le gain est facile à saisir : fini le brief qu’on recopie à chaque nouvelle session, avec le ton souhaité, le format de rendu et l’historique du dossier. Meta a bâti ses démonstrations autour de scénarios du quotidien : conception de cadeaux, recherche de location, plans d’entraînement de course, plans de table de mariage. Autant de tâches qui s’étalent sur plusieurs semaines et exigent de se souvenir de ce qui a déjà été décidé.

Un second mécanisme travaille en tandem, baptisé Active Focus. Face à une erreur, le modèle teste d’autres stratégies au lieu de s’arrêter, et ne suspend son exécution que lorsqu’il a besoin d’une confirmation humaine pour une action critique.

Pris ensemble, les deux outils dessinent un agent qui se souvient et qui insiste. Meta affirme qu’il doit demander des précisions quand c’est nécessaire et vérifier avec l’utilisateur avant de mener à bien une action importante. Reste à voir si ce garde-fou tient dans la durée, car un agent qui persévère après un blocage est aussi un agent qui peut s’obstiner dans la mauvaise direction.

Des benchmarks flatteurs, des démos plus fragiles

Muse Wonder Full se classe deuxième ex aequo sur l’Intelligence Index d’Artificial Analysis, avec un score de 56. Il arrive aussi premier sur CritPt, un test de raisonnement scientifique, et sur GDP.pdf, qui mesure le travail documentaire professionnel. Le saut est net par rapport à Muse Spark, le premier modèle de Meta Superintelligence Labs sorti le 8 avril 2026 : il affichait 52 sur ce même indice, contre 18 pour Llama 4 Maverick.

Terminal-Bench 4.0 : 57 %, contre 33 % pour la version précédente.

Les tests indépendants nuancent pourtant ce tableau. MindStudio relève un écart entre le récit des benchmarks et les premières démos, avec des rendus 3D et des jeux vidéo générés en deçà de ce que produisent Opus 5.5 et GPT 6.1 Soul. Certains observateurs évoquent le « benchmaxing », ce réglage d’un modèle pour briller sur les tests sans que les résultats se retrouvent en usage réel. Le modèle semble taillé pour le code, l’analyse de documents et les workflows longs, moins pour la création visuelle.

Le contraste avec le passé récent de Meta est frappant. En avril 2025, l’entreprise essuyait un lancement raté de Llama 4 et une polémique sur ses benchmarks ; elle se mesure aujourd’hui aux meilleurs laboratoires, environ 14 mois plus tard, après la réorganisation autour d’Alexandr Wang. Que le podium soit disputé ne dit pourtant rien de la qualité d’une mémoire, qu’aucun de ces classements ne mesure directement.

Accès, tarifs et calendrier

Muse Wonder est accessible par l’API de Meta et dans Muse Code, à 4 dollars le million de jetons en entrée et 20 dollars en sortie. Un million de jetons correspond grossièrement à une dizaine de romans de taille moyenne, ce qui rend la facture raisonnable pour un usage ponctuel. Muse Wonder Full n’est pas disponible par API et ne s’obtient que par un abonnement mensuel à Muse Code. Les tarifs d’abonnement rapportés par The Elec vont de 50 à 200 dollars par mois, des chiffres que les autres sources consultées ne confirment pas.

Le grand public devra patienter. Meta indique que le modèle standard alimentera bientôt certaines parties de son assistant Muse, d’abord pour les abonnés. Les sources consultées ne précisent pas la disponibilité en France ni dans l’Union européenne, où le RGPD encadre déjà strictement la conservation de données personnelles.

Une mémoire qui dure, des données qui restent

Une IA qui se souvient pendant des mois accumule forcément des informations sur son utilisateur : habitudes, projets, parfois budget ou situation familiale. Meta assure avoir entraîné ses modèles à ne pas divulguer d’informations privées sans autorisation et à refuser les demandes nuisibles, tout en renforçant ses défenses contre les cyberattaques. Mais l’annonce ne détaille pas tous les contrôles permettant de consulter ou d’effacer ce qui est mémorisé.

Le contexte invite à la prudence côté agents. Le premier agent personnel Muse a été lancé le 8 septembre 2026, et Amazon l’a bloqué le 20 septembre. Les plateformes commerciales n’ouvrent pas toutes leurs portes à un assistant qui achète ou compare pour le compte d’un utilisateur.

Avant de confier un projet de plusieurs mois à Muse Wonder, cherchez dans les réglages la liste des souvenirs enregistrés et la commande pour les supprimer. Au 12 octobre, Meta n’avait pas publié le détail de ces contrôles.

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