Le 14 octobre 2026, Epic Games a lancé en préversion un nouveau launcher, le logiciel qui sert à acheter, télécharger et lancer ses jeux sur PC. Selon Epic, il démarre à froid en 5,47 secondes, contre 10,07 secondes pour Steam, soit un gain annoncé de 46 %. Cette version test est disponible sur Windows, macOS et Linux, et l’éditeur de Fortnite assume de l’avoir réalisée avec une aide massive de l’IA, ce qu’on appelle le « vibe coding ».

Reste à savoir ce que ce chiffre mesure vraiment.

À retenir
  • Epic annonce un démarrage à froid de 5,47 s contre 10,07 s pour Steam.
  • Le benchmark a été réalisé par Keywords Studios pour Epic, sur 13 configurations Windows.
  • Plusieurs testeurs indépendants obtiennent des résultats contradictoires.
  • Le launcher a été développé en grande partie avec l’aide de l’IA, dit « vibe coding ».

Un benchmark signé Epic, pas un test indépendant

Un démarrage à froid désigne le lancement d’une application depuis zéro, quand elle ne tourne pas déjà en arrière-plan. C’est sur cette mesure que repose l’argument d’Epic. Les tests ont été réalisés par Keywords Studios sur 13 configurations de PC Windows, puis les résultats ont été moyennés.

D’après GamesIndustry.biz, le nouveau launcher atteint la page du store en 5,47 secondes en moyenne, contre 10,07 secondes pour Steam dans les mêmes conditions. L’écart représente environ 4,6 secondes de moins au lancement. Pour un joueur qui ouvre son launcher une fois par jour, cela fait environ 28 minutes économisées sur une année, la durée d’un épisode de série. Epic y voit une avance de 46 %.

La bibliothèque, elle, se chargerait 30 fois plus vite que dans l’ancien client.

Sur la restauration depuis la barre d’état système, l’avantage fond : 0,36 seconde contre 0,42 seconde pour Steam, soit 14 % d’avance. Un écart de 0,06 seconde, que personne ne perçoit à l’œil nu. Selon Daily Beirut, qui s’appuie sur VideoCardz, l’analyse a écarté les trois machines les moins puissantes et ne mesure que le démarrage à froid.

Face à l’ancien client, Epic annonce aussi une interface du store qui s’ouvre trois fois plus vite. Reconstruit de zéro, le logiciel mise sur la performance et sur une interface épurée.

Steam répond, les mesures des testeurs divergent

Steam avait reçu une mise à jour le 13 octobre 2026, la veille de l’annonce d’Epic.

Après cette mise à jour, un test publié sur X a relevé un démarrage de Steam en 5,23 secondes, devant les 5,47 secondes d’Epic, rapporte Frandroid. Une mesure isolée, qui ne prouve rien à elle seule. À l’inverse, Xboxygen a constaté sur son propre PC une ouverture complète en une seconde pour le launcher d’Epic, contre un peu plus de 17 secondes pour Steam, avec le même résultat d’une seconde sur une ROG Xbox Ally X.

Les protocoles diffèrent d’un test à l’autre : Epic moyenne des machines sélectionnées, Xboxygen compare deux logiciels sur un seul PC, la mesure postée sur X ne concerne qu’un cas. Aucun ne permet de trancher seul.

La vitesse n’a pas évité les accrocs : plusieurs vidéos de joueurs montrent déjà que l’IA ne résout pas encore tous les problèmes, signale Xboxygen. Il manque aussi des fonctions de l’ancien client, comme des panneaux sociaux complets et des options avancées de gestion de compte, et les développeurs disent travailler à la parité. Epic recommande en outre de s’en tenir à l’ancien client pour Fortnite et Rocket League tant qu’aucune version stable n’est sortie. Les Mac Intel ne sont pas pris en charge par cette version.

Le vibe coding, argument de vente et source de polémique

« Programmer, c’est difficile » : Epic ne cache pas sa méthode et ouvre son annonce sur cette phrase, volontairement désinvolte. Sur les réseaux sociaux, l’éditeur a même résumé l’idée en anglais : le launcher a été vibe codé pour être plus rapide que l’autre. Ce ton tranche avec la prudence habituelle des grands éditeurs sur l’IA générative appliquée à du code de production.

Martin Keely, vice-président et directeur général de l’Epic Games Store, a expliqué que l’équipe était repartie de zéro et avait utilisé l’IA pour développer et relire les nouvelles fonctionnalités. Ce n’est pas pour autant un produit généré sans humains.

Génération NT précise que l’IA a surtout accéléré le développement et la réplication des fonctions de base, tandis que l’écriture du code et la révision sont restées sous la houlette d’humains. JustGeek affirme pourtant qu’Epic s’est mis une bonne partie des joueurs à dos, et parle de polémique. À mon sens, l’origine du code compte moins que la stabilité du produit final. Neowin note que l’annonce tombe alors que le PDG Tim Sweeney entre en pleine phase d’évangélisation de l’IA.

Faut-il l’installer dès maintenant ?

Steven Allison, responsable de l’Epic Games Store, reconnaissait en février que l’ancien client multipliait les appels serveur lors des changements d’onglet. De son côté, Steam, la plateforme de Valve, domine encore très largement le marché de la distribution. C’est donc toujours face à lui qu’Epic se compare.

Le plus fiable reste de chronométrer vous-même un démarrage à froid.

Pour Fortnite et Rocket League, Epic recommande de rester sur le client historique, au moins jusqu’à la sortie d’une version stable. La préversion peut servir de terrain d’essai sur Windows, macOS (hors Mac Intel) et Linux, en gardant en tête que les chiffres de 5,47 et 10,07 secondes viennent d’Epic.

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