Huit gigaoctets de VRAM suffisent pour générer des images avec Stable Diffusion XL grâce à Fooocus. Le tableau officiel du dépôt fixe le plancher à 4 Go de mémoire vidéo pour les cartes Nvidia RTX 2000, 3000 et 4000, avec 8 Go de mémoire vive côté système. Une RTX 3060 Ti, une RTX 3070 ou une RTX 4060 se situent donc nettement au-dessus de la ligne de départ.
- Fooocus fait tourner SDXL avec 8 Go de VRAM sur les cartes Nvidia RTX 2000, 3000 et 4000.
- Le premier lancement télécharge environ 6 à 7 Go de modèles, et il faut prévoir 50 Go d’espace libre.
- Une image 1024 x 1024 prend en moyenne une vingtaine de secondes sur une RTX 4060.
- Le mode Extreme Speed ramène le temps de génération à une dizaine de secondes sur cartes contraintes.
Ce que 8 Go de VRAM permettent vraiment
Le logiciel est hors ligne, open source et gratuit.
Fooocus est l’œuvre de lllyasviel, le chercheur derrière ControlNet. Sa promesse tient en une seule zone de saisie, façon Midjourney, sans réglage d’échantillonneur ni de planificateur. Entre le bouton « télécharger » et la première image, le dépôt revendique moins de trois clics. Sur une carte milieu de gamme, c’est le chemin le plus court vers une image en 1024 x 1024 pixels.
Le logiciel ne précharge que ce dont il a besoin et décharge agressivement le reste, ce qui le rend plus léger que ComfyUI sur les mêmes modèles selon un comparatif de cartes graphiques. Une génération SDXL par défaut y reste dans une fourchette de 6 à 8 Go de VRAM.
Le plafond se touche vite. Le même comparatif chiffre SDXL avec ControlNet entre 8 et 10 Go, et l’empilement de styles ou de ControlNet déclenche un déchargement vers la mémoire système qui ralentit nettement la génération. Il juge le 8 Go fonctionnel mais pas idéal en 2026 et conseille de viser 12 Go pour respirer.
Côté vitesse, les chiffres varient d’un guide à l’autre. L’un annonce environ 14 secondes par image en 1024 x 1024 sur une RTX 4060, un autre 15 à 30 secondes pour une carte de cette catégorie. Sur le processeur seul, la même image demande 30 à 90 secondes, ce qui rend la carte graphique indispensable. Prévoyez une vingtaine de secondes, puis chronométrez sur votre propre machine.
Installation : trois pièges avant le premier clic
Le premier se cache dans le mot « clic ». Au premier lancement, le logiciel télécharge en silence 6 à 7 Go de modèles, soit plus d’un DVD et demi, pendant que vous fixez une fenêtre de terminal. Il s’agit d’un SDXL de base d’environ 4 Go et d’un raffineur d’environ 2,5 Go, auxquels s’ajoutent les modèles que vous voudrez essayer ensuite, d’où les 50 Go d’espace libre que recommande un guide.
Deuxième piège, la mémoire virtuelle : le tableau officiel des prérequis classe le fichier d’échange comme obligatoire pour toutes les cartes. Sans lui, l’erreur CPUAllocator apparaît, et un guide conseille d’activer la mémoire virtuelle sous Windows ou de monter le swap à 40 Go sous Linux.
Les RTX 50 exigent un contournement : le PyTorch épinglé n’a pas leurs noyaux.
Python compte aussi. Restez sur la version 3.10, car les versions plus récentes se heurtent aux dépendances figées. Pour vérifier votre VRAM avant d’installer, le Gestionnaire des tâches l’affiche dans l’onglet Performances, sur la ligne de mémoire dédiée du GPU. Les GTX 1000 réclament 8 Go et ne vont que marginalement plus vite qu’un processeur. Chez AMD, Windows reste très expérimental, et le minimum grimpe à 8 Go sous Linux avec ROCm.
Régler Fooocus quand la mémoire se tend
Le premier rendu est le plus lent, et c’est normal. La première génération charge SDXL de base et le raffineur en VRAM, pour environ 7 Go, ce qui occupe déjà l’essentiel d’une carte de 8 Go. Les images suivantes réutilisent les modèles déjà chargés et sortent plus vite. Jugez donc votre machine sur trois essais, pas sur un seul.
Sur 4 à 6 Go, le lancement avec l’option –always-low-vram garde SDXL utilisable, à 25 à 40 secondes par image. Sur 8 Go, le mode standard suffit dans la plupart des cas. Le préréglage Extreme Speed ramène le temps à une dizaine de secondes sur ces cartes contraintes.
Ce gain a un prix : un rendu moins détaillé, à mon sens, que celui des préréglages Speed ou Quality. Servez-vous d’Extreme Speed comme d’un brouillon pour trouver le cadrage, puis relancez en qualité pour la version finale.
L’écosystème SDXL de checkpoints et de LoRA reste le plus vaste qui existe.
Fooocus propose quatre modes d’Image Prompt, dont ImagePrompt, PyraCanny et FaceSwap, accessibles dans l’onglet Advanced. La fonction Describe, qui retrouve un prompt à partir d’une image, est arrivée avec la version 2.1.831 de décembre 2023. Sur 8 Go, activez ces outils un par un. L’inpainting SDXL consomme à lui seul 8 à 10 Go, soit le plafond exact de votre carte.
Un outil figé, mais pas périmé
Le dépôt officiel le dit sans détour : Fooocus, bâti entièrement sur SDXL, est en support à long terme limité, avec correctifs uniquement. La dernière version taguée, la 2.5.5, date du 12 août 2024, et rien n’indique l’arrivée d’architectures récentes comme Flux. Le projet n’est pas archivé pour autant.
Mon avis : pour une carte de 8 Go, SDXL via Fooocus offre toujours le meilleur rapport entre simplicité et résultat, à condition de ne rien attendre de Flux. Les images se génèrent sur votre disque, sans abonnement, et aucun prompt ne quitte votre machine une fois les modèles téléchargés. L’interface ne change pas sous vos pieds, ce qui plaît à ceux qui veulent un outil stable plutôt qu’un chantier permanent. Le revers, c’est qu’aucune nouvelle fonction n’est à attendre.
Pour Flux ou les modèles plus récents, les guides renvoient vers ComfyUI et WebUI Forge, et l’un d’eux cite le fork 1-Up Edition de mashb1t comme prolongement du développement en 2026. Les deux se prennent en main moins vite que Fooocus.
Pour situer l’écart, un guide 2026 chiffre Flux Schnell entre 8 et 12 Go de VRAM, et Flux Dev à 12 à 16 Go ou plus.
Sources : propelrc.com | techtactician.com

