L’extension ChatGPT pour Chrome sait désormais lire vos onglets ouverts et, en mode Work, agir dessus : envoyer des messages, remplir des formulaires, télécharger des fichiers ou regrouper des onglets. OpenAI a annoncé la mise à jour le 15 octobre. Elle fonctionne avec tous les forfaits ChatGPT, gratuit compris.
La fiche de l’extension sur le Chrome Web Store affiche 7 millions d’utilisateurs, selon Unite.AI.
Le contexte explique le timing. OpenAI a fermé son navigateur maison, ChatGPT Atlas, en août, et les fonctions d’« usage de l’ordinateur » qu’il proposait migrent aujourd’hui vers Chrome, le navigateur le plus utilisé au monde. L’entreprise ne demande donc plus à ses utilisateurs de changer de navigateur : elle s’installe dans celui qu’ils ont déjà. Face à elle, Gemini, que Google intègre à Chrome, a pris de l’avance sur ce terrain.
- L’extension lit désormais les onglets ouverts dans Chrome, gratuit compris.
- En mode Work, l’assistant envoie des messages, remplit des formulaires et regroupe les onglets.
- Elle demande des permissions étendues, dont l’accès aux données de tous les sites.
Chat : l’assistant croise vos onglets
En mode Chat, il suffit de mentionner @chrome dans l’application web ou de bureau de ChatGPT pour que l’assistant accède aux pages ouvertes. La démonstration d’OpenAI met en scène trois canapés affichés dans trois onglets : ChatGPT compare les prix, les matériaux et les délais de livraison. Parmi les autres exemples cités, on trouve le résumé d’articles en langage simple et le rapprochement de pages de prix chez différents vendeurs.
Le gain tient à la fin d’une gymnastique que tout le monde connaît : copier la page, changer d’onglet, coller, reformuler. Comparer trois fournisseurs, cinq fiches produits ou deux devis se règle désormais en une seule instruction.
La barre latérale de l’extension donne par ailleurs accès à tout l’historique des conversations ChatGPT, ce qui permet de poursuivre un échange à côté de la page consultée. James Sun, de l’équipe produit d’OpenAI, indique que les utilisateurs de la version gratuite peuvent intégrer le contexte de leurs onglets sans consommer leurs limites Codex. La fonction n’est donc pas réservée aux abonnés.
Sur une page unique, le principe reste le même. Le panneau latéral sert à résumer un article, expliquer un concept ou interroger un contenu sans quitter le site.
Work : de la lecture à l’action
Là, l’assistant ne se contente plus de regarder.
ChatGPT Work, l’agent d’OpenAI pensé pour les tâches longues en plusieurs étapes, contrôle les onglets pour envoyer des messages, remplir des formulaires, télécharger des fichiers ou ranger une pile d’onglets en groupes. OpenAI propose des consignes types, de la comparaison de fournisseurs à la préparation d’un rendez-vous. Plusieurs médias rapprochent la fonction de la navigation automatique de Gemini dans Chrome. Une fois un onglet traité, l’assistant peut enchaîner sur une autre action sans repasser par l’utilisateur.
Le regroupement d’onglets est sans doute la fonction la plus parlante pour un usage ordinaire : quiconque garde vingt fenêtres ouvertes un lundi matin y verra un gain immédiat. Les inscriptions en ligne et les téléchargements en série relèvent de la même logique, celle des corvées répétitives qu’on délègue volontiers.
La mise en route demande un peu de méthode. D’après la documentation d’OpenAI résumée par Unite.AI, il faut activer Computer Use dans les réglages de l’application de bureau, installer l’extension depuis le Chrome Web Store, vérifier qu’une option Manage apparaît, puis mentionner le navigateur dans une conversation Work ou Codex. Les extensions « ChatGPT sidebar » abondent dans la boutique : contrôlez que l’éditeur affiché est bien OpenAI.
Les sources divergent sur le rôle du logiciel de bureau : Tom’s Guide cite James Sun, selon qui il n’est plus indispensable pour les fonctions de contrôle. Côté navigateurs, l’extension fonctionne aussi sur Microsoft Edge, Brave et Opera, et sur Vivaldi d’après Analytics Insight.
Ce que l’extension demande en échange
À l’installation, Chrome affiche une liste de permissions longue. Elle couvre la lecture et la modification des données de tous les sites, l’historique de navigation synchronisé entre appareils, les favoris, les téléchargements, les notifications et les groupes d’onglets. Y figurent aussi un accès au débogueur et la communication avec des applications natives. Le site explainx.ai juge cette étendue typique d’un agent de navigateur, mais elle reste considérable.
Des garde-fous existent. Par défaut, l’agent demande l’autorisation avant d’interagir avec un nouveau site, puis avant tout téléchargement ou envoi de fichier. Les listes de sites autorisés et bloqués sont partagées entre les navigateurs compatibles, et OpenAI précise que les réglages de données habituels s’appliquent.
Premier réflexe avant une tâche : fermer les onglets qui contiennent des données sensibles.
Deuxième vérification : le réglage « Improve the model for everyone », qui autorise l’entraînement sur vos conversations, et la mémoire, suivie lors du travail dans le navigateur. Cette dernière option est à relire avant de confier une tâche à Work. L’application de bureau est disponible dans le monde entier depuis le 9 juillet 2026, offre gratuite comprise, mais aucune annonce équivalente n’a été publiée pour l’extension : mieux vaut vérifier sa disponibilité dans le Chrome Web Store avant de compter dessus.
Sources : 24matins.fr | nrmagazine.com

