Un bras articulé qui saisit un robot miniature et le glisse sous un canapé : c’est la promesse du nouveau Roomba Duo, officialisé par iRobot. Le petit robot annexe mesure 8,35 centimètres de hauteur, soit à peu près l’épaisseur d’un smartphone posé à plat trois fois. Objectif affiché : atteindre les zones que les aspirateurs robots classiques, souvent trop hauts, ignorent depuis toujours. Sur le prix, en revanche, iRobot reste muet.
Le principe repose sur une base classique, celle du robot principal qui circule dans les pièces et cartographie l’espace. Depuis cette base, un bras mécanique se déploie pour extraire un second appareil, beaucoup plus fin, capable de se faufiler sous les meubles bas où le robot principal ne passerait jamais. Ce mini-robot nettoie la zone inaccessible, puis retourne se loger dans son emplacement grâce au même bras.
Sous les canapés, les lits bas ou certains meubles de rangement, la poussière s’accumule sans jamais être dérangée.
iRobot n’a pas communiqué de fiche technique complète sur l’autonomie du petit robot ni sur sa capacité de collecte. La marque insiste surtout sur la mécanique du transfert, présentée comme la véritable innovation du Duo. Ce choix de communication interroge : mettre en avant le geste plutôt que la performance brute suggère que le produit vise avant tout à séduire visuellement, avant de convaincre sur le terrain de l’efficacité mesurable.
- Un bras articulé saisit et glisse un mini-robot de 8,35 cm sous les meubles pour nettoyer les zones inaccessibles
- iRobot privilégie la communication sur le geste mécanique plutôt que sur les performances brutes du produit
- Aucun tarif ni date de commercialisation n’a été divulgué, alimentant le doute sur la disponibilité réelle du produit
Un marché saturé de gadgets, mais pauvre en vraies ruptures
Le secteur des robots aspirateurs vit depuis plusieurs années une course à la fonctionnalité spectaculaire. Bras qui replacent les tapis, stations qui lavent et sèchent les serpillières, capteurs qui reconnaissent les câbles au sol pour les éviter : chaque marque cherche son argument différenciant. iRobot, pionnier historique de la catégorie avec le premier Roomba lancé au début des années 2000, a vu sa position de leader s’éroder face aux marques chinoises Roborock et Ecovacs, devenues largement dominantes en volume de ventes ces dernières années.
Le Duo s’inscrit dans cette logique de différenciation par le geste mécanique plutôt que par la puissance d’aspiration. C’est une stratégie risquée pour une entreprise qui a traversé des difficultés financières notables, entre le rachat avorté par Amazon en 2024 et des restructurations internes répétées. Un accessoire spectaculaire peut relancer l’intérêt médiatique, mais il doit ensuite convaincre sur la durée, dans des foyers où le sol n’est jamais parfaitement plat ni parfaitement dégagé.
Reste une question simple : ce bras résistera-t-il à l’usure quotidienne, aux tapis épais, aux fils qui traînent ?
Le silence sur le prix, une stratégie ou un aveu
Aucune fourchette tarifaire n’a été communiquée à l’occasion de cette présentation. Ce flou n’est pas anodin dans un secteur où le prix conditionne largement l’adoption : les robots aspirateurs haut de gamme dépassent déjà régulièrement les 1000 euros, et l’ajout d’un second robot articulé laisse présager un tarif encore supérieur. iRobot pourrait attendre une date de commercialisation plus précise pour dévoiler ce chiffre, une pratique courante quand un produit est encore en phase de finalisation industrielle.
Cette absence de prix alimente aussi le doute sur la disponibilité réelle du produit à court terme. Beaucoup d’annonces de ce type restent au stade du prototype présenté en vitrine, sans jamais atteindre les rayons dans la configuration montrée initialement. Le précédent des accessoires ambitieux annoncés puis simplifiés, voire abandonnés, n’est pas rare dans l’électronique grand public.
Pour l’instant, aucune date de sortie ferme n’accompagne l’annonce.
Les consommateurs qui envisagent un achat devront donc patienter avant de savoir si le concept se traduit par un produit accessible ou par un objet de niche réservé à une clientèle prête à payer une prime pour un geste mécanique impressionnant. La comparaison avec les accessoires premium d’autres marques, où les stations de vidage automatique ou les modules de lavage ajoutent déjà plusieurs centaines d’euros à la facture, donne un ordre de grandeur inquiétant. Un second robot articulé, avec son propre moteur et son propre système de navigation miniaturisé, ne se fabrique pas au prix d’un accessoire basique.
L’enjeu réel pour iRobot dépasse la prouesse mécanique du bras. Il s’agit de prouver que cette innovation répond à un besoin identifié par les utilisateurs, et non à une simple démonstration de faisabilité technique destinée à occuper l’actualité tech. La marque devra, à un moment donné, sortir du silence sur les chiffres qui comptent vraiment : le prix, la date de sortie, et l’autonomie réelle de ce petit robot de 8,35 centimètres appelé à vivre sous les meubles.

