Persuadée d’avoir trouvé la parade parfaite contre les ondes de mon compteur Linky, j’avais passé un après-midi entier à enrouler mon boîtier dans plusieurs couches de papier aluminium bien serrées. Dans ma tête, l’affaire était réglée : plus une onde ne sortirait de cette boîte grise fixée dans mon couloir. Sauf qu’un technicien venu faire une vérification de routine a soulevé mon bricolage avec un air amusé qui ne présageait rien de bon. Ce qu’il m’a expliqué ensuite sur le fonctionnement réel du Linky a complètement démonté mes certitudes, et il a fallu que j’accepte, un peu penaude, que ma belle protection ne servait strictement à rien.

À retenir
  • Les données du Linky circulent via les câbles électriques grâce aux courants porteurs en ligne (CPL), et non par ondes dans l'air.
  • Envelopper le compteur d'aluminium ne bloque rien et peut même provoquer surchauffe ou dysfonctionnement de l'appareil.
  • Pour couper la transmission CPL légalement, il est possible de demander un boîtier de désactivation auprès d'Enedis.

Mon obsession du papier alu et pourquoi j’y croyais dur comme fer

Tout avait commencé après quelques lectures sur des forums où l’inquiétude autour des ondes du Linky tournait presque à l’obsession collective. Entre les témoignages anxiogènes, les théories plus ou moins fondées et cette sensation désagréable d’avoir un appareil imposé sans avoir vraiment donné mon accord, l’envie de reprendre un peu de contrôle s’était installée naturellement. Le papier aluminium, réputé pour ses propriétés de blindage électromagnétique dans l’imaginaire collectif, semblait la solution la plus simple et la moins coûteuse. Alors j’ai enroulé, serré, doublé les épaisseurs, convaincue de tenir enfin ma parade maison contre un compteur qui m’inspirait plus de méfiance que de confiance.

La révélation du technicien : le vrai trajet des données Linky

Face à mon bricolage, le technicien a pris le temps de m’expliquer un point que j’ignorais totalement : les données du Linky ne voyagent pas dans les airs comme je l’imaginais. Elles empruntent le réseau électrique lui-même, grâce à une technologie appelée courants porteurs en ligne, ou CPL. Concrètement, les informations de consommation circulent directement dans les câbles électriques déjà présents dans les murs, un peu comme si le compteur envoyait des messages en utilisant l’installation électrique comme autoroute. Aucune onde ne sort donc du boîtier pour transmettre ces données, ce qui rendait mon blindage improvisé complètement hors sujet dès le départ.

Pourquoi l’aluminium ne change absolument rien (et ce qu’il faudrait faire à la place)

Cette découverte a eu un effet immédiat : ma barrière de fortune ne pouvait ni bloquer une transmission qui circule par les fils électriques, ni interférer avec les faibles champs électromagnétiques générés ponctuellement par le signal CPL, qui restent d’ailleurs très en dessous des seuils réglementaires en vigueur. Pire encore, envelopper un appareil électrique dans du métal peut poser des problèmes de surchauffe ou de dysfonctionnement, sans apporter le moindre bénéfice en retour. Pour celles et ceux qui restent inquiets malgré ces explications, il existe une option officielle et légale : le boîtier de désactivation CPL, proposé sur demande auprès d’Enedis, qui permet de couper cette transmission par courants porteurs sans bricolage hasardeux ni risque pour l’installation.

Cette mésaventure m’aura au moins appris une chose : mieux vaut comprendre une technologie avant de vouloir la contrer avec les moyens du bord. La prochaine fois qu’une inquiétude technique s’installe, peut-être vaut-il mieux commencer par se renseigner plutôt que de foncer tête baissée vers le rouleau de papier aluminium.

Notez ce post