Troquer une poêle contre un panier perforé semble aussi simple que remplacer une voiture par un vélo : le résultat final a le même objectif, mais la mécanique change complètement. C’est un peu la logique qui pousse de plus en plus de foyers à délaisser leurs poêles antiadhésives au profit de l’airfryer, cet appareil devenu incontournable dans les cuisines françaises. La raison principale de cet abandon tient en un mot : les polluants éternels, ces substances chimiques qui inquiètent de plus en plus les consommateurs soucieux de leur santé. Mais l’airfryer est-il vraiment la solution miracle pour s’en débarrasser ? Que Choisir a justement passé au crible six modèles pour vérifier ce qui se cache réellement sous le revêtement de leur panier, et les résultats méritent qu’on s’y attarde.

À retenir
  • Que Choisir a testé six modèles d'airfryers et n'a détecté aucun des trois PFAS interdits (PFOA, PFOS, PFHxS) dans leurs revêtements.
  • Du PTFE, qui appartient à la famille des PFAS mais n'est pas interdit, a néanmoins été retrouvé dans les revêtements des paniers testés.
  • Pour limiter les risques, il est conseillé de remplacer le panier dès les premiers signes d'usure, d'éviter les ustensiles métalliques et de privilégier un nettoyage doux.

Pourquoi tant de foyers délaissent leurs poêles antiadhésives pour l’airfryer

Le revêtement antiadhésif des poêles traditionnelles repose souvent sur des composés chimiques capables de résister à la chaleur et à l’usure. Problème : ces mêmes propriétés, qui rendent la cuisson si pratique, soulèvent des questions sur leur impact sanitaire et environnemental à long terme. Face à ces interrogations, l’airfryer apparaît comme une alternative séduisante. Il promet une cuisson avec peu ou pas de matière grasse, un nettoyage simplifié et, pour beaucoup, une tranquillité d’esprit retrouvée. Cet appareil, qui fonctionne grâce à une circulation d’air chaud, a conquis les cuisines en un temps record. Mais cette transition vers l’airfryer repose-t-elle sur des bases solides, ou s’agit-il simplement de déplacer le problème d’un ustensile à un autre ? C’est précisément la question à laquelle Que Choisir a tenté de répondre.

Les PFAS, ces polluants éternels qui inquiètent les consommateurs

Les PFAS, ces fameux polluants éternels, inquiètent de plus en plus. Cette appellation vient de leur extrême résistance à la dégradation naturelle : une fois présentes dans l’environnement, ces molécules peuvent y persister très longtemps. Parmi elles, trois substances ont particulièrement attiré l’attention des autorités sanitaires et sont aujourd’hui interdites : le PFOA, le PFOS et le PFHxS. Leur présence historique dans de nombreux objets du quotidien, des ustensiles de cuisine aux textiles, a nourri une méfiance grandissante chez les consommateurs. C’est cette inquiétude qui pousse beaucoup de foyers à scruter attentivement la composition des appareils qu’ils utilisent pour cuisiner, et l’airfryer n’échappe pas à cette vigilance accrue.

Ce que révèle l’étude de Que Choisir sur six modèles d’airfryers

Pour répondre à ces interrogations légitimes, Que Choisir a fait analyser le revêtement du panier de six modèles d’airfryers. Les résultats publiés sont plutôt rassurants sur un point précis : aucun des trois PFAS interdits, à savoir le PFOA, le PFOS et le PFHxS, n’a été détecté dans les échantillons testés. Une nouvelle qui devrait soulager les consommateurs les plus attentifs à la composition de leurs appareils électroménagers. Toutefois, l’analyse ne s’arrête pas là. Les chercheurs ont également identifié la présence de fluoropolymères dans ces revêtements, et notamment du PTFE. Or, ce composé appartient lui aussi à la grande famille des PFAS, même s’il n’est pas interdit à ce jour. Cette découverte nuance forcément le tableau et invite à comprendre plus précisément de quoi il retourne.

Le PTFE toujours présent dans les revêtements, faut-il s’en inquiéter

Le PTFE reste un acteur incontournable des revêtements antiadhésifs, qu’il s’agisse de poêles classiques ou de paniers d’airfryer. Son appartenance à la famille des PFAS peut légitimement interroger, surtout dans un contexte où ces substances sont de plus en plus montrées du doigt. Il est toutefois important de distinguer les différentes molécules de cette grande famille chimique : toutes ne présentent pas le même profil de risque, et le PTFE n’entre pas dans la liste des trois substances interdites recherchées lors de l’étude de Que Choisir. Cette nuance ne doit pas pour autant conduire à relâcher toute vigilance. Elle rappelle simplement que la question des polluants éternels est complexe et que les solutions parfaitement exemptes de ces composés restent encore rares sur le marché actuel.

Comment bien choisir et utiliser son airfryer au quotidien

Au-delà de la question des revêtements, quelques réflexes simples permettent de profiter sereinement de son airfryer. Voici les points essentiels à surveiller au moment de l’achat comme à l’usage :

  • Vérifier l’état du revêtement du panier et le remplacer dès les premiers signes d’usure ou de rayures
  • Éviter les ustensiles métalliques qui pourraient abîmer la surface antiadhésive
  • Privilégier un nettoyage doux, sans éponge abrasive, pour préserver le revêtement plus longtemps
  • Respecter les températures de cuisson recommandées par le fabricant

Ces gestes simples, loin d’être anodins, contribuent à limiter la dégradation du revêtement et donc le risque de relargage de particules dans les aliments. Ils s’inscrivent dans une démarche plus large de consommation responsable, où chaque petit geste compte pour préserver à la fois sa santé et son appareil.

Au final, l’étude menée par Que Choisir apporte un éclairage précieux sur un sujet souvent entouré de flou. Si l’absence des trois PFAS interdits dans les six modèles testés constitue une bonne nouvelle, la présence persistante du PTFE rappelle que la vigilance reste de mise. Plutôt que de chercher un appareil miracle totalement exempt de toute substance controversée, mieux vaut adopter de bonnes pratiques d’entretien et surveiller l’état de ses équipements dans la durée. C’est sans doute la meilleure façon de concilier praticité du quotidien et tranquillité d’esprit, sans tomber dans l’excès de méfiance ni dans la naïveté.

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