Minuit passé, le démaquillant qui pique les yeux, et une seule envie : se débarrasser de ce maquillage pailleté en quatrième vitesse pour enfin rejoindre son lit. Le réflexe paraît anodin : on passe le visage sous l’eau du lavabo, on regarde les paillettes disparaître dans le tourbillon, et on se dit que le problème est réglé. Sauf qu’il ne l’est pas du tout. Ces petits éclats brillants qui ont fait tout le charme du costume de sirène ou de vampire scintillant n’ont pas vraiment disparu. Ils ont simplement changé d’adresse, direction les canalisations, puis bien plus loin encore. Une découverte qui, le lendemain, remet sérieusement en question ce petit geste du soir pourtant tellement tentant.

À retenir
  • Les paillettes plastiques rincées au lavabo ne se dissolvent pas et finissent dans les rivières puis les océans via les eaux usées.
  • Depuis le 17 octobre 2023, l'Union européenne restreint la commercialisation de certaines paillettes plastiques pour limiter la pollution par microplastiques.
  • Pour un démaquillage responsable, il faut retirer les paillettes à sec avec un coton jeté à la poubelle, puis terminer avec un produit doux.

Le soir d’Halloween : la fausse bonne idée du rinçage express

Après une soirée Halloween réussie, la fatigue prend souvent le dessus sur la patience. Plutôt que de démaquiller consciencieusement chaque paupière scintillante avec un produit adapté, le réflexe le plus courant reste de passer directement sous l’eau du robinet. Quelques frottements, un peu de savon, et le visage retrouve son teint naturel en quelques secondes. Rapide, efficace, presque magique. Le hic, c’est que ces paillettes, pour la grande majorité en plastique, ne se dissolvent pas dans l’eau. Elles sont simplement emportées par le courant, direction la bonde du lavabo, sans que l’on se pose davantage de questions sur leur destination finale.

Le lendemain matin : la découverte qui change tout

Le lendemain, en nettoyant la salle de bain ou en repensant tout simplement à la soirée de la veille, une question peut surgir : où sont réellement parties ces paillettes ? Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, elles ne se sont pas volatilisées dans la nature grâce à un quelconque processus de dégradation express. En réalité, ces microparticules plastiques, dont une grande partie est retenue par les stations d’épuration mais dont les plus petites peuvent passer, continuent leur voyage dans les eaux usées. Elles peuvent ainsi se retrouver dans les rivières, puis dans les océans, où elles s’accumulent durablement. Une trajectoire bien moins glamour que celle empruntée la veille sur un visage maquillé pour l’occasion.

Paillettes plastiques et réglementation européenne : ce que dit la loi depuis 2023

Face à ce constat, l’Union européenne a décidé de légiférer. Depuis le 17 octobre 2023, elle restreint la commercialisation de certaines paillettes plastiques vendues en vrac, avec des délais spécifiques prévus pour les paillettes contenues dans les cosmétiques. L’objectif de cette réglementation est clair : limiter la dispersion des microplastiques dans l’environnement, en particulier dans les milieux aquatiques, où ils sont particulièrement difficiles à éliminer une fois relâchés. Cette mesure s’inscrit dans une démarche plus large de lutte contre la pollution plastique, qui touche aussi bien les cosmétiques que de nombreux autres produits du quotidien contenant des microbilles ou des paillettes synthétiques.

Pourquoi l’eau du lavabo n’est pas la solution

Le problème avec le rinçage au lavabo, c’est que les stations d’épuration ne sont pas conçues pour capter des particules aussi minuscules que des paillettes cosmétiques. Une fois dans le réseau d’eaux usées, elles sont en grande partie retenues par les systèmes de traitement classiques. Résultat : elles finissent par rejoindre les cours d’eau, puis les océans, où elles s’ajoutent à la masse déjà considérable de microplastiques qui circulent dans les écosystèmes marins. Ces particules peuvent ensuite être ingérées par la faune aquatique, s’intégrer à la chaîne alimentaire, et in fine, revenir jusque dans nos assiettes sous une forme ou une autre. Un cercle peu réjouissant, pour un geste qui semblait pourtant totalement anodin au moment de se démaquiller.

Le bon geste à adopter pour éliminer ses paillettes sans polluer

Bonne nouvelle : il existe une alternative simple, qui ne demande ni produit miracle ni effort démesuré. Plutôt que de rincer son visage directement à l’eau, il suffit de retirer un maximum de paillettes à sec, à l’aide d’un coton ou d’un disque démaquillant. Ce dernier est ensuite jeté dans la poubelle des ordures ménagères, et non dans les toilettes ou l’évier. Ce simple réflexe permet d’éviter que les paillettes ne se retrouvent dans le circuit de l’eau. Voici les étapes à retenir pour un démaquillage plus responsable :

  • Retirer un maximum de paillettes à sec avec un coton ou un disque démaquillant réutilisable
  • Jeter le coton usagé directement à la poubelle, jamais dans l’évier
  • Terminer le démaquillage avec un produit doux pour éliminer les résidus restants
  • Privilégier, pour les prochains costumes, des paillettes biodégradables ou d’origine naturelle

Ce petit changement d’habitude ne demande que quelques secondes de plus, mais il fait une réelle différence une fois multiplié par le nombre de personnes qui se maquillent chaque année pour Halloween. La prochaine fois que les paillettes scintilleront sur un costume, autant savoir comment s’en débarrasser sans qu’elles ne finissent leur course dans un océan bien loin de la salle de bain.

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